Donald Trump, quelle vie après la Maison Blanche?

Hélène Favier avec AFP
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Le président américain Donald Trump le 16 janvier 2017 à New York - DOMINICK REUTER © 2019 AFP
Le président américain Donald Trump le 16 janvier 2017 à New York - DOMINICK REUTER © 2019 AFP

Si Donald Trump évoque régulièrement sa vie d'avant la politique - "J'avais une vie si magnifique" - il est moins bavard sur celle d'après.

Sa passion revendiquée du golf pourrait le pousser à fréquenter les greens avec encore plus d'assiduité. Samedi, au moment même où les chaînes de télévision américaines annonçaient sa défaite, il se trouvait dans son club de Sterling, en Virginie, non loin de Washington.

Que fera-t-il après le 20 janvier 2021 quand Joe Biden sera installé à la Maison Blanche? A l'aune des quatre années écoulées, un seul scénario semble difficile à imaginer: le retrait discret et l'anonymat.

• Lancer sa chaîne de télévision?

A l'heure de la reconversion, Donald Trump pourrait être de nouveau tenté par le petit écran. Si son nom comme promoteur immobilier était connu dans les années 80 et 90, c'est "The Apprentice" qui lui a permis de pousser la porte de tous les foyers américains. Co-producteur de cette émission de télé-réalité qu'il a présentée entre 2004 et 2015, il a réussi, en dépit des hauts et des bas de son empire immobilier, à projeter une image d'homme d'affaires à poigne et charismatique.

A plusieurs reprises depuis son arrivée à la Maison Blanche, il a déploré le positionnement de Fox News, pas assez trumpiste à son goût. Les téléspectateurs "veulent une alternative maintenant. Et moi aussi!", tweetait-il il y a quelques mois.

2021 pourrait être l'occasion de se lancer, soit à partir d'une feuille blanche (mais l'investissement initial pourrait être prohibitif), soit à partir de chaînes existantes "amies", telles que One America News et NewsMax TV.

• Un horizon judiciaire occupé

Une fois la Maison Blanche quittée, l'horizon judiciaire de Donald Trump pourrait s'assombrir grandement. A New York, il est visé par deux enquêtes qui pourraient chacune lui valoir des poursuites.

La première, pénale et initiée par le procureur de Manhattan, Cyrus Vance, vise de possibles faits de fraude fiscale, d'escroquerie à l'assurance et manipulations comptables.

La seconde, civile, a été lancée par la procureure de l'Etat de New York Letitia James et cherche à déterminer si la Trump Organization a menti sur la taille de ses actifs pour obtenir des prêts et des avantages fiscaux.

D'autres procédures pourraient refaire surface lorsqu'il aura quitté le 1600 Pennsylvania Avenue.

• Continuer la politique?

Si, à l'inverse de ses trois prédécesseurs - Barack Obama, George W. Bush et Bill Clinton - il a échoué à obtenir un second mandat, il n'a pas subi la déroute dans les urnes que lui prédisaient certains.

Dans une élection à la participation-record, il a obtenu 70 millions de voix (contre 74 millions pour Joe Biden) et pourrait donc être tenté de rester au coeur des débats.

En théorie, rien ne l'empêche de tenter de nouveau sa chance dans quatre ans. La Constitution interdit de faire plus de deux mandats, mais en faire deux non-consécutifs est une possibilité.

Un seul homme a réussi ce pari: Grover Cleveland, à la fin du XIXe siècle. Elu en 1884, il fut battu en 1888, puis élu de nouveau en 1892. Il est, dans les livres d'histoire, à la fois le 22e et le 24e président des Etats-Unis.

Au-delà des innombrables obstacles politiques à surmonter (le "Grand Old Party" pourrait être tenté de tourner la page du trumpisme), la question de l'âge pourrait aussi se poser. Grover Cleveland avait 56 ans début de son deuxième mandat. Donald Trump en aurait 78.

Mick Mulvaney, l'un de ses anciens directeurs de cabinet, aujourd'hui envoyé spécial des États-Unis en Irlande du Nord, a ouvertement évoqué cette idée dès jeudi. "Je m'attends clairement à ce que le président reste impliqué en politique et je pense qu'il fera partie des gens qui seront probablement candidats en 2024", a-t-il déclaré.

• L'inattendu

Sur le ton à la fois provocateur et ironique qu'il affectionne, le 45e président de l'histoire a évoqué plusieurs "pistes" ces derniers mois.

En juin à la Maison Blanche il avait évoqué, sur le ton de l'humour, la possibilité d'un road trip avec sa femme Melania Trump.

"Peut-être que j'irai à New York par la route avec la Première dame. Je pense que je vais acheter un camping-car et voyager avec la Première dame".

Reste une option plus radicale. "Je ne vais pas me sentir très bien", déclarait-il, il y a quelques semaines évoquant l'humiliation que représenterait selon lui une défaite face à "Joe l'Endormi". "Peut-être que je vais devoir quitter le pays".

Article original publié sur BFMTV.com