Donald Trump se félicite de la reprise du dialogue intercoréen

par David Brunnstrom et Christine Kim
La perspective de discussions entre la Corée du Nord et la Corée du Sud est "une bonne chose", a déclaré jeudi Donald Trump sur Twitter, tout en s'attribuant la responsabilité de la reprise annoncée du dialogue entre les deux Corées. /Photo prise le 8 décembre 2017/REUTERS/Carlo Allegri

par David Brunnstrom et Christine Kim

WASHINGTON (Reuters) - Donald Trump s'est félicité jeudi de la reprise annoncée des discussions entre Corée du Nord et Corée du Sud, dont il s'est attribué le mérite.

Selon Séoul, le président américain s'est entretenu au téléphone avec son homologue sud-coréen Moon Jae-in pour lui annoncer l'envoi d'une délégation de haut niveau, comprenant notamment des membres de sa famille, lors des Jeux olympiques d'hiver à Pyeongchang.

Un membre de l'administration américaine a fait état de discussions sur la présence à cette occasion d'Ivanka Trump, fille du chef de l'Etat. Sans confirmer l'information, la Maison blanche a également parlé de l'envoi d'une délégation de haut niveau et a annoncé que le président américain et son homologue sud-coréen s'étaient entendus pour "pacifier les Jeux olympiques et (leurs) manoeuvres militaires" conjointes pour assurer la sécurité de l'événement.

Les deux chefs d'Etat, ajoute-t-elle dans un communiqué, ont "accepté de poursuivre la campagne de pressions maximales contre la Corée du Nord".

Les manoeuvres conjointes, que Pyongyang considère comme les préparatifs d'une agression, auront lieu après les Jeux olympiques et paralympiques, qui se dérouleront du 9 au 25 février et du 9 au 18 mars, a par la suite précisé James Mattis, secrétaire à la Défense, en mettant ce report sur le compte de raisons "pratiques".

"UNE BONNE CHOSE"

Il est trop tôt pour dire si l'offre nord-coréenne de reprise du dialogue avec Séoul est sincère, a-t-il estimé, mais elle est, selon lui, clairement le fruit des pressions internationales.

"Est-ce que quelqu'un pense vraiment que des discussions et un dialogue seraient en cours aujourd'hui si je n'étais pas ferme, fort, et prêt à engager notre 'puissance' totale contre le Nord ?", s'est quant à lui interrogé Donald Trump sur Twitter, avant d'ajouter: "Les discussions sont une bonne chose!"

Le président américain s'est montré prudent mardi, dans sa première réaction à l'annonce de la reprise des discussions intercoréennes, prévue le 9 janvier à Panmunjom, dans la zone démilitarisée.

Le lendemain, il avait affirmé disposer d'un "plus gros et plus puissant" bouton nucléaire que le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un qui a ordonné le rétablissement de la ligne téléphonique d'urgence reliant son pays à la Corée du Sud afin de discuter des modalités de ce dialogue.

Les deux Corées ont rétabli mercredi leur "téléphone rouge", coupé depuis le mois de février 2016, qui assure une liaison indispensable pour éviter l'escalade des tensions.

Pour le général Vincent Brooks, commandant des forces armées américaines en Corée cité par l'agence de presse sud-coréenne Yonhap, l'ouverture de Pyongyang vise à diviser les Etats-Unis, la Corée du Sud, le Japon, la Chine et la Russie et à faire accepter la Corée du Nord en tant que puissance nucléaire.

(Susan Heavey, Julie Carriat et jean-Philippe Lefief pour le service français)