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Dominique de Villepin, accusé d’antisémitisme après ses mots dans "Quotidien", répond

Sur TMC, l’ancien Premier ministre a pointé du doigt la "domination financière sur les médias et le monde de l’art" qui, selon lui, empêche l’émergence de voix dissonantes.

POLITIQUE - Explications de texte. « Tous les chemins mènent à Rome, mais toutes les critiques ne mènent pas à l’antisémitisme », a lancé Dominique de Villepin ce dimanche 26 novembre au soir sur LCI en réponse à ceux qui l’accusent d’antisémitisme. Depuis deux jours, l’ancien Premier ministre était pointé du doigt pour ses propos tenus dans l’émission Quotidien sur TMC.

Face à Yann Barthès, jeudi dernier, l’homme du « non » à la guerre en Irak en 2003 et dont les passages médiatiques sur le conflit au Proche-Orient sont particulièrement remarqués ces dernières semaines, avait critiqué la « domination financière sur les médias et le monde de l’art et de la musique » qui, selon lui, empêche l’émergence de certaines voix dissonantes.

Invité à réagir après la diffusion d’un sujet sur le sort de certaines stars américaines, comme Susan Sarandon ou Bella Hadid, écartées pour leurs récentes prises de position en lien avec la guerre entre Israël et le Hamas, Dominique de Villepin fustigeait alors « la violence de la pensée unique aux États-Unis. »

Et d’ajouter : « La règle financière qui est imposée aujourd’hui aux États-Unis dans la vie culturelle, elle pèse lourd. Malheureusement, nous le voyons aussi aujourd’hui en France, et tout cela est profondément regrettable sur le plan de la liberté et de la capacité à façonner un esprit public. » Une saillie au relent antisémite ou complotiste, selon plusieurs observateurs ou responsables politiques.

« Complotisme », « antisémitisme », « antiaméricanisme »

Le président des Républicains, le parti héritier de l’UMP dont était membre Dominique de Villepin, a fustigé dimanche soir des propos « complotistes qui nous rappellent des moments sombres » et « à tout le moins » ambigus. Ces mots « me choquent très clairement », a insisté Éric Ciotti, en précisant « ne partager en rien l’analyse de Dominique de Villepin sur ce qui se passe au Proche-Orient aujourd’hui. »

Au-delà du député des Alpes-Maritimes, c’est le président du Crif, le Conseil représentatif des institutions juives de France qui est monté au créneau. Selon Yonathan Arfi, l’ancien Premier ministre de Jacques Chirac « s’est malgré lui révélé » à travers cette sortie contre le poids de l’argent aux États-Unis.

« Consciemment ou non, ses mots relèvent d’une rhétorique insidieusement antisémite désignant sans le dire les Juifs comme le parti de la finance internationale et les marionnettistes des médias et des artistes », a-t-il fustigé, dimanche soir sur le réseau social X, en pointant du doigt tour à tour une « rhétorique complotiste », un « antisémitisme de salon » et « un antiaméricanisme passionné. »

Villepin cite Hollande qui prend sa défense

Rien de tout cela, assure le principal accusé dont les liens financiers avec le Qatar sont régulièrement pointés du doigt. Sur LCI, Dominique de Villepin a persisté dans son analyse, en réfutant le procès qui lui est fait. « Je parle d’entreprises culturelles ou médiatiques qui tiennent une partie des leviers qui permettraient normalement une certaine liberté d’expression », a-t-il précisé.

« On peut critiquer les États-Unis, sans être forcément antisémite. On peut critiquer le sionisme messianique d’une partie du gouvernement israélien, sans être antisémite. On peut soutenir l’idée de justice pour le peuple palestinien, sans être antisémite », a encore insisté l’ancien ministre des Affaires étrangères, avant d’ajouter : « Que je sache, un ancien président de la République a fait campagne en dénonçant le pouvoir de la finance, il n’était pas antisémite. »

Sur franceinfo ce lundi matin, l’ancien président socialiste a justement volé au secours de l’ancien locataire de Matignon. « Je connais Dominique de Villepin depuis longtemps, je ne peux pas croire qu’il ait eu cette intention », d’entretenir un discours antisémite, a-t-il ainsi attesté.

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