Des dizaines de milliers de pèlerins juifs sont en Ukraine malgré la guerre

STRINGER/REUTERS

“Dans une ville de pèlerinage juif en Ukraine, les sirènes font partie du spectacle”, titre le journal israélien Ha’Aretz. Un de ses reporters s’est rendu à Ouman, dans le centre de l’Ukraine, où des juifs hassidiques vont chaque année honorer la tombe d’un célèbre rabbin des XVIIIe et XIXe siècles, pour la fête de Rosh ha-Shana.

“Malgré les mises en garde répétées des autorités israéliennes, ukrainiennes et états-uniennes”, ajoute le journal, “plus de 23 000 pèlerins étaient à Ouman dimanche matin, selon la communauté juive unie d’Ukraine”. Rosh ha-Shana, la célébration du nouvel an hébraïque, débutait le dimanche 25 septembre au soir et s’achèvera le mardi 27 au soir.

“Même si Ouman, éloigné du front, est considéré comme relativement sûr, des responsables ukrainiens et israéliens ont averti qu’elle pourrait être touchée par des missiles”, explique The Wall Street Journal, aux États-Unis. En l’absence de vols civils vers l’Ukraine, les pèlerins ont dû “atterrir en Moldavie ou en Pologne avant de passer la frontière terrestre”.

Une ferveur joyeuse

Depuis la fin de l’URSS, ces juifs très pieux sont devenus beaucoup plus nombreux à faire le pèlerinage. “Les fidèles dansent avec exaltation, récitent des psaumes choisis pour faire acte de repentance et engagent un dialogue solitaire avec Dieu […]. Pendant Rosh ha-Shana, des tentes faisant office de synagogues surgissent dans les rues proches du lieu de la tombe ; certaines sont assez grandes pour accueillir des milliers de personnes”, raconte le journal à partir de témoignages.

Le rabbin Nahman “prêchait un judaïsme mystique mettant l’accent sur l’immanence spirituelle de Dieu, avec un culte fervent et joyeux. […] Il demandait à ses disciples de lui rendre visite à la nouvelle année”, ajoute le journal. Si ces disciples sont aujourd’hui ultra-orthodoxes, “ses enseignements imprègnent plus largement la culture populaire religieuse en Israël”.

Si les foules étaient un peu moins compactes que d’autres années, les rues et la grande synagogue de la ville étaient quand même remplies, témoigne le journaliste de Ha’Aretz. Samedi matin, alors que les fidèles chantaient et dansaient dans la synagogue abritant la tombe, dans un “mélange chaotique” entre différents groupes séfarades et ashkénazes, “personne ne semblait dérangé par le bruit ni même par les sirènes de raid aérien qui perçaient de temps à autre ce vacarme”, relate le journal israélien.

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