"Je me suis dit ça continue": un parent de victimes de Merah réagit à l'assassinat de Samuel Paty

Clément Boutin
·3 min de lecture
Samuel Sandler - BFMTV
Samuel Sandler - BFMTV

Le 19 mars 2012, une vive émotion s'emparait de la France au moment où un attentat s'abattait sur l'école juive Ozar Hatorah, à Toulouse. Huit ans après, Samuel Sandler, le père de Jonathan et le grand-père d'Arié et Gabriel, trois victimes de Mohamed Merah, a l'impression que cela "continue" avec l'assassinat du professeur Samuel Paty à Conflans-Sainte-Honorine

"Je témoigne dans des lycées et j’ai rencontré des professeurs remarquables", a-t-il raconté ce mardi sur BFMTV. "C'est à eux que j'ai pensé (en apprenant l'attentat). Leur travail n’est pas évident et ils le font très bien. J'ai pensé 'pourvu que eux, il ne leur arrive rien'. C’était ça ma première pensée."

Si, comme Samuel Paty, son fils Jonathan Sandler était enseignant, il note cependant une différence entre les deux événements, avec, en 2012, la volonté pour le terroriste d'attaquer des personnes juives et non pas des membres du monde de l'éducation.

"La différence, je crois, c'est que mon fils a été assassiné parce qu’il était de religion juive. Alors qu'à Conflans-Sainte-Honorine, (Samuel Paty) a été attaqué pour son enseignement. C'est là la différence entre les deux. Mon fils était aussi un passeur de savoir, il avait écrit un livre, mais je ne pense pas que l'assassin visait son enseignement", a-t-il observé sur notre plateau.

"L'Etat fait ce qu'il peut"

Pour Samuel Sandler, face à l'enchaînement des attentats, ces dernières années, l'État "fait ce qu'il peut" car "ce n'est pas évident".

"J’ai assez confiance en l’État, je pense que s'il prend vraiment les choses en mains elles peuvent changer. Ce qui est assez nouveau c’est qu’on regarde l’entourage, précédemment on l'oubliait un peu. Il y a des mentors. Eux -les terroristes, ndlr) ce sont des mains et il existe des mentors derrière. À Toulouse cela m'a toujours chagriné, on oubliait l'entourage de l'assassin et cette fois-ci ce n'est pas le cas. Je crois que c'est là qu'il y a la solution."

Selon lui, si la classe politique avait affiché un front uni en 2012, qui peut sembler plus morcellé après l'attentat de Conflans-Sainte-Honorine, c'est parce qu'il s'agissait "du premier attentat", qui "en plus touchait des enfants, d'une école juive".

"On ne comprend pas pourquoi"

Samuel Sandler a abordé, à la fin de son intervention, "la souffrance" qui attend les proches de Samuel Paty.

"On ne comprend pas pourquoi. Pendant longtemps j’ai été dans le déni. Je ne voulais pas accepter ce qu’il s’était passé. (...) D’une certaine manière, on n’arrive plus à profiter de la vie, c'est très dur parce que sans cesse on pense à eux, on se demande ce qui leur est arrivé", a-t-il expliqué.

"C’est important de rendre hommage, mais ça ne console pas, il n'y a rien qui pourra malheureusement consoler les familles", a-t-il tenu à souligner sous forme de conclusion. Un hommage national au professeur d'histoire-géographie doit se tenir mercredi à la Sorbonne.

Article original publié sur BFMTV.com