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Disproportionné, parjure… pourquoi le salaire d’Amélie Oudéa-Castéra à la FFT pose problème

Amélie Oudéa-Castéra de nouveau dans l’œil du cyclone. La ministre de l’Education, des Sports et des Jeux olympiques figure en bonne place dans le rapport parlementaire accablant contre le fonctionnement des Fédérations sportives, publiée lundi par Sabrina Sebaihi, députée Europe Ecologie-Les Verts (EELV). Le salaire d’Oudéa-Castéra lorsqu’elle occupait le poste de directrice générale de la Fédération française de tennis entre mars 2021 et mai 2022 est épinglé. La rapporteuse en a expliqué les raisons ce mardi dans l’émission d’Apolline Matin sur RMC.

12.000 euros d'écart par mois avec son prédécesseur

"Dans le cadre du travail qu’on a fait dans cette commission d’enquête, ce n’est pas nous qui disons qu’elle a été trop payée, ce sont les rapports de l’inspection", précise-t-elle. "On s’est appuyé sur des rapportes étayés et travaillés. Elle a été payée 400.000 euros, plus 100.000 euros de primes d’objectifs et de performances sur une année. Ils estiment que c’est disproportionné d’autant qu’on s’est rendu compte que plusieurs fédérations ne publient pas leur compte. Ça manque de transparence, on ne connaît pas les salaires des dirigeants de ses fédérations et notamment celui d’Amélie Oudéa-Castéra lorsqu’elle était dirigeante de la Fédération de tennis."

Oudéa-Castéra a dénoncé lundi soir un rapport "militant" et "instrumentalisé à des fins politiques". Ce qui met en colère Sebaihi. "C’est totalement irrespectueux vis-à-vis des victimes auditionnées dans le cadre de cette commission d’enquête, des victimes de violences sexuelles et sexistes, de violences psychologiques, et physiques et de harcèlement", regrette-t-elle. "Cette enquête est transpartisane, la présidente de la commission d’enquête n’est pas Europe Ecologie-Les Verts, elle est Horizons (Béatrice Bellamy, NDLR) et fait partie de la majorité. Cette commission d’enquête fait partie de la majorité, nous avons travaillé de manière totalement transpartisane."

Sabrina Sebaihi rappelle d’ailleurs que "la question du salaire de la ministre des Sports est une partie infime de ce rapport qui traite énormément de sujets" et dénoncé une défense "irrespectueuse pour le travail des parlementaires." Elle dénonce par ailleurs des témoignages mensongers ou incomplets des personnes interrogées. "On a fait des signalements pour parjure au parquet", explique-t-elle.

Une enquête a ainsi été ouverte par le parquet de Paris à l’encontre de Gilles Moretton, président de la Fédération française de tennis, notamment sur la question du salaire d’Oudéa-Castéra. "Il a menti, a été très imprécis sur plusieurs éléments, dont la question du salaire de la ministre", conclut la rapporteuse. "Je ne sais pas si c’était pour la protéger mais ce qui est certain, c’est qu’il n’a pas dit la vérité. Vu qu’il y a une enquête ouverte, ce sera à la justice de déterminer pourquoi il a décidé de mentir et d’être imprécis lors de son audition, notamment sur le montant de son salaire puisqu’il dit que qu’il était identique à celui l’ancien directeur général de la Fédération de tennis. Or, il y avait 12.000 euros d’écart par mois entre les deux salaires."

Article original publié sur RMC Sport