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Disparition d’Estelle Mouzin : un policier émet des « doutes » sur l’implication du couple Fourniret-Olivier

Notamment jugée pour complicité d’enlèvement et de séquestration suivis de mort au préjudice d’Estelle Mouzin, Monique Olivier s’est trouvée un étrange défenseur lors de cette nouvelle journée d’audience.

Une voix pour le moins dissonante. Nouvelle journée marquante devant la cour d’assises de Nanterre ce vendredi 8 décembre où se joue actuellement le procès de Monique Olivier, ex-épouse de Michel Fourniret, tueur en série français mieux connu sous le nom d’« Ogre des Ardennes ».

Le procès de Monique Olivier, un « test grandeur nature » pour le pôle « cold cases » du tribunal de Nanterre

À la barre ce vendredi, un certain Philippe Guichard, chef de la police technique du service régional de police judiciaire (SRPJ) de Versailles en 2003, lors de la disparition d’Estelle Mouzin, une jeune fille dont la disparition est attribuée à Michel Fourniret avec la complicité de Monique Olivier. Mais devant l’ancienne femme et complice du tueur en série, l’ancien policier a tenu un discours pour le moins déroutant.

Selon l’homme qui a activement participé à l’enquête sur la disparition d’Estelle Mouzin avant d’être dessaisi de l’affaire après 15 ans de travail, le doute subsiste encore sur l’implication de Michel Fourniret (et donc de Monique Olivier) dans la disparition de la fillette de 9 ans en janvier 2003.

Invité à s’exprimer devant la cour, le commissaire de police a donc partagé ses « doutes » quant à la culpabilité de Michel Fourniret. « Cela me laisse dubitatif sur l’implication de Michel Fourniret. Mais il a un profil qui est possible. Mais j’ai un certain nombre de doutes sur son implication », a-t-il lâché avant de lister les éléments à sa disposition qui ne permettent pas d’établir clairement la culpabilité du couple dans cette affaire.

« Si j’avais pu vous dire je suis certain de leur implication dans le dossier Estelle, je vous le dirais mais je suis dans l’impossibilité de le faire. Mais je suis en proie au doute, il me semble que c’est ma mission de vous le dire », a-t-il ajouté, provoquant une certaine stupéfaction dans la salle d’audience.

Michel Fourniret, pas un pédophile selon lui

Selon lui, il n’y a d’ailleurs « pas d’éléments pour incriminer Michel Fourniret », tout en estimant que ces déclarations ne sont pas là « critiquer la procédure de la gendarmerie » et que sa présence avait pour seul but de « défendre la police judiciaire, et ses enquêteurs ».

« En plus, Fourniret enlève ses victimes dans un rayon de 50 km de chez lui », a-t-il ajouté, avant de provoquer un nouveau moment de stupéfaction dans la salle en déclarant que Fourniret ne recherchait pas des « enfants », mais plutôt des « jeunes filles », des jeunes « femmes ». Un élément qui le pousse à croire que le couple n’est pas impliqué dans cette disparition restée sans explications.

Après une suspension d’audience, les propos de Philippe Guichard n’ont d’ailleurs pas manqué de faire réagir Me Seban, avocat du père d’Estelle Mouzin. « Heureusement, Monique Olivier n’a pas varié depuis le départ. Elle a déclaré 50 fois qu’elle était coupable », a-t-il réagi à une question portant sur les doutes que ces déclarations pourraient provoquer pour la suite du procès.

« Si nous n’avions pas eu d’éléments objectifs, son meilleur défenseur aurait été aujourd’hui l’ancien patron de la SRPJ de Versailles », a-t-il ajouté sans pouvoir cacher sa « colère » face à ces nouvelles déclarations pour le moins intrigantes.

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