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Sur Disney +, la série « Cristóbal Balenciaga » nous plonge dans le passé flou du couturier avec les nazis

Alberto San Juan, ici dans le rôle de Cristóbal Balenciaga sur Disney+.
Disney+ Alberto San Juan, ici dans le rôle de Cristóbal Balenciaga sur Disney+.

SÉRIES TÉLÉ - Si les controverses autour de l’actuel directeur artistique de Balenciaga Demna Gvasalia sont connues de tous, celles entourant son fondateur, un peu moins. Et pourtant, comme l’illustre une nouvelle série consacrée à ce dernier sur Disney +, en ligne depuis ce vendredi 19 janvier, le passé de Cristóbal Balenciaga est peut-être plus contrasté qu’on ne le pense.

« Évidemment, j’étais très content que les Allemands perdent la guerre. Mais voilà, notre business est différent des autres. La mode a toujours servi l’élite. Ça n’a rien à voir avec la résistance ou la collaboration. Il était plutôt question de survie. »

Ces mots, ce sont ceux du créateur de mode joué par Alberto San Juan au cours d’une reconstitution de son interview avec Prudence Glynn pour le Times, la seule qu’il a donnée en cinquante ans de carrière, en août 1971. La journaliste incarnée par Gemma Whelan l’interrogeait, ici, sur son rôle sous l’Occupation, période sombre de l’Histoire française dans laquelle nous plonge l’épisode 2.

Découvrez ci-dessous la bande-annonce :

Alors que les nazis et leurs épouses se pressaient pour assister aux défilés de la maison Balenciaga, récemment arrivée à la capitale, celle-ci ferme du jour au lendemain sur décision des autorités allemandes, en juillet 1940, nous apprend la série.

Pourquoi ? Est-ce en raison de l’homosexualité du styliste ? Ou pour les tissus qu’il a fait venir secrètement d’Espagne ? Non. Les nazis ne seraient vraiment pas fans des nouveaux chapeaux excentriques de Cristóbal Balenciaga. Ils seraient, selon eux, une menace pour l’ordre public.

Balenciaga proche de Franco, allié d’Hitler

Le couturier dissimule sa colère et se revendique apolitique. Peu de temps à peine après la fermeture administrative, la maison rouvre ses portes, en septembre 1940. « À condition de ne pas faire de chapeaux pendant trois mois », explique le styliste à son associé et ex-amant (Thomas Coumans).

Outre ces quelques mois à l’arrêt, Balenciaga n’a jamais cessé de travailler pendant la Seconde Guerre mondiale, comme les quelques dizaines autres maisons de mode autorisées par le régime. Si la série évoque un entretien entre l’ambassade d’Espagne à Paris et les autorités allemandes, la raison officielle ayant permis à Balenciaga de continuer son entreprise n’a jamais été communiquée.

D’après certains historiens, cela pourrait être lié aux liens qui unissaient le créateur et Francisco Franco, allié d’Adolf Hitler. Comme le rappelle cet article d’El Pais, des proches du régime du dictateur espagnol, comme Carmen Polo, Carmen Franco et la marquise de Llanzol, étaient des clientes régulières de Balenciaga. Quatre ans après avoir pris sa retraite, en 1972, il a également accepté de concevoir la robe de mariée de Carmen Martínez-Bordiú, petite-fille de Franco.

L’Occupation et la mode dans les séries

Tandis que le passé de Balenciaga avec les nazis reste flou, celui d’autres grandes maisons de mode toujours en activité aujourd’hui est, lui, beaucoup plus clair. C’est le cas d’Hugo Boss, dont le fondateur et styliste allemand Hugo Ferdinand Boss a adhéré au parti d’Adolf Hitler et qui a fourni des uniformes à la Wehrmacht.

Coco Chanel, aussi. D’après plusieurs biographies sur la créatrice de mode, dont celle de Hal Vaughan (Sleeping with the enemy, Coco Chanel’s secret war), elle aurait été recrutée par l’Abwehr, les services de renseignements allemands, en 1940. D’autres avant cela ont révélé son histoire d’amour avec un officier allemand du nom d’Hans Gunther von Dincklage.

Le sujet de la collaboration des grandes maisons de mode pendant la Seconde Guerre mondiale est entraperçu, ici, dans Cristóbal Balenciaga sur Disney + et semble intéresser plus d’un scénariste. Nouvelle superproduction à venir d’Apple TV +, The New Look entend elle aussi s’intéresser à Paris sous l’Occupation, mais cette fois sous le prisme de l’ascension d’un autre couturier : Christian Dior.

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