Publicité

Le directeur général de la LFP accusé d'injure homophobe: le parquet de Paris classe la plainte

Le n°2 de la LFP Arnaud Rouger peut dormir sur ses deux oreilles. Le parquet de Paris a classé la plainte pour injure publique à caractère homophobe qui le visait. Le directeur général de la Ligue de football professionnel était inquiété pour des propos tenus fin novembre à l'Assemblée nationale. Lors d'une audition le 22 novembre devant la commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur les "défaillances de fonctionnement au sein des fédérations françaises de sport", Arnaud Rouger avait déclaré: "Aujourd'hui, il ne s'agit pas de faire la promotion de l'homosexualité, ce n'est pas notre boulot. Par contre, lutter contre l'homophobie, ça l'est".

Les avocats William Bourdon et Vincent Brengarth, conseils du collectif Rouge direct et de l'association Stop Homophobie, avaient dénoncé "la gravité inédite" de "la reprise par M. Rouger d'une théorie - malheureusement trop répandue dans le milieu du football mais aussi dans la bouche de responsables politiques notoirement homophobes en France et à l'étranger - selon laquelle l'homosexualité serait à même de se propager, telle une maladie".

"La plainte était infondée", estime l'entourage du DG de la LFP

Selon la source proche du dossier, le parquet a classé le 18 janvier la procédure, estimant que M. Rouger bénéficiait d'une "immunité" au motif que les propos ont été tenus devant une commission d'enquête parlementaire et sont donc protégés par la loi de 1881 sur la liberté de la presse. "Le motif du classement, que nous allons contester, est particulièrement douteux", ont réagi Mes Bourdon et Brengarth auprès de l'AFP. "Compte tenu de leur nature, ces propos sont nécessairement étrangers à l'objet de l'enquête et donc répréhensibles, sauf à venir immuniser, par principe, toute expression diffamatoire ou injurieuse proférée dans un tel cadre et ce au mépris des droits des parties civiles", ont-ils ajouté.

"Nous sommes satisfaits d'apprendre que la plainte a été classée sans suite. Nous n'étions pas inquiets, la plainte était infondée. Rien ne pouvait être reproché à Arnaud Rouger, qui montre un engagement sans faille contre l'homophobie depuis des années", a indiqué son avocate, Me Ilana Soskin. "Accuser Arnaud Rouger d’avoir tenu des propos homophobes, est faux juridiquement mais c’est aussi et surtout se tromper de cible, estimait déjà Me Ilana Soskin le 20 décembre dernier. Cette plainte est une injure au combat et aux valeurs portés par mon client depuis plus de vingt ans. Arnaud Rouger est extrêmement meurtri de faire l’objet de telles accusations. Elles sont à la fois fausses et infondées."

Lors de l'audition à l'Assemblée, le président de la LFP Vincent Labrune et M. Rouger avaient indiqué qu'ils réfléchissaient à une opération de lutte contre l'homophobie "plus claire" que le maillot arc-en-ciel en Ligue 1, qu'au moins cinq joueurs du championnat de France avaient refusé de porter.

Article original publié sur RMC Sport