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En difficulté, les Restos du Cœur appellent "les grands acteurs économiques" à se mobiliser

"Provoquer une réaction", notamment au plus sommet de l'État. Voilà l'objectif du "cri d'alerte" de Patrick Douret, le président des Restos du Cœur, dimanche, lorsqu'il a annoncé que l'association allait devoir restreindre le nombre de bénéficiaires en raison de difficultés financières.

"Depuis des mois, le président prend la parole. On a fait des tribunes, sollicité des rendez-vous, pour alerter sur cette aggravation de la précarité", énumère Claude Bougère, secrétaire générale des Restos, invitée de BFMTV.

"Cela fait même depuis quelques années que nous alertons, affirme-t-elle. Avec la succession des crises, on a vu les difficultés s'accumuler pour les personnes qu'on accompagnait, ainsi que de nouveaux publics arriver, y compris des personnes qui travaillent."

Distribution de plus de 170 millions de repas

Pour expliquer cette baisse prévue dans l'accompagnement des personnes, Claude Bougère souligne notamment le nombre de repas distribués chaque année par l'association qui a "explosé".

"On est passé de plus de 142 millions de repas distribués en 2022 à plus de 170 millions en 2023. Aujourd'hui pour boucler notre exercice à l'équilibre on a besoin de 35 millions d'euros", souligne-t-elle.

Aurore Bergé, ministre des Solidarités et des Familles, a annoncé dimanche que le gouvernement allait verser une aide de 15 millions d'euros "dans les prochains jours". Mais la secrétaire générale de l'association indique qu'une aide de 10 millions avait déjà été promise et que l'État ajoute simplement 5 millions.

"Ils ont ouvert le dialogue, c'est également ce qu'on recherchait, reconnaît-elle. On va travailler avec eux pour que cette aide soit importante."

Le "rôle" des grands acteurs économiques

Patrick Douret, le président de l'association, a lancé dimanche "un appel aux forces politiques et économiques de notre pays" pour le "lancement d'un plan d'urgence alimentaire".

Pour sortir la tête de l'eau, Claude Bougère appelle elle aussi les "grands acteurs économiques" à "jouer un rôle".

Il est essentiel que les grands acteurs économiques de la France "se mobilisent et prennent en compte les difficultés qui s'accumulent et pèsent sur les plus précaires", conclut-elle, craignant que dans le contexte économique traversé par le pays, de trop nombreux travailleurs "basculent trop rapidement dans la précarité".

Article original publié sur BFMTV.com