Didier Bourdon, à l'affiche de "L'Homme parfait": "Le cinéma a peur de m'offrir des rôles dramatiques"

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L'humoriste, devenu une star avec Les Inconnus, est à l'affiche ce mercredi d'une nouvelle comédie, L'Homme parfait. Il confie à BFMTV sa lassitude d'être cantonné au cinéma à un seul type d'emploi.

Contrairement à beaucoup de comiques, Didier Bourdon n'a pas encore fait son Tchao Pantin. Mais le célèbre Inconnu, à l'affiche ce mercredi de la comédie L'Homme parfait, ne s'en plaint pas plus que cela. Il est désormais résigné, comme il l'explique à BFMTV: "Je sais que le fait d'avoir eu de succès dans les comédies, c’est un peu le revers de la médaille."

"C'est la télé qui m'offre des rôles dramatiques, mais au cinéma, ils ont peur", ajoute-t-il. "On ne peut pas forcer les gens. Ce sont peut-être les agents qui ne font pas leur travail... Après, certains acteurs dramatiques n’ont pas envie qu’on marche sur leur plate-bande, surtout quand on vient de la comédie. Mais j'ai commencé par le Conservatoire national de Paris. Je jouais Molière, Ibsen, Shakespeare. C'est dans mon ADN de jouer des rôles différents!"

Ce décalage entre le petit et le grand écran est très net. A la télévision, le réalisateur Xavier Durringer lui fait ainsi jouer dans La Mort dans l'âme (2017) un de ses rares rôles dramatiques, celui d'un homme qui entre dans un profond mutisme après avoir tué son fils. Et au cinéma, le même Xavier Durringer le dirige dans L'Homme parfait, l'histoire d'un homme dont le quotidien est perturbé lorsque son épouse achète un robot ménager à l’apparence humaine.

Un rôle - celui du mari martyrisé - que Didier Bourdon collectionne ces dernières années, de Mes très chers enfants à Permis de construire en passant par Garde alternée. Un emploi qui lui convient malgré tout: "C'est vrai que c'est toujours intéressant de jouer des personnages à qui il arrive des malheurs. C’est ce qui rend la situation comique. Les grands rôles sont des rôles torturés! Dans L'Homme parfait, ce robot va remettre en cause physiquement et philosophiquement mon personnage."

"J’évite les films un peu trop bourgeois"

Cantonné à la comédie, Didier Bourdon n'en reste pas moins exigeant. On peut lui reconnaître un certain flair. A l'instar d'un Christian Clavier, il a remporté d'importants succès tout au long de sa carrière. Récemment, il a été à l'affiche des Profs 2 (3,4 millions d'entrées), Alibi.com (3,5 millions) et du Grand Partage (1,1 million). "La sincérité doit être là. Je n'ai jamais fait de film pour l'argent."

Quitte à se planter, Didier Bourdon refuse aussi systématiquement ce qu'il appelle "les comédies de bourgeois. J’évite les films un peu trop bourgeois, parisiens. Ça m'emmerde les crises de petits bourgeois. J’aime bien les choses un peu plus bizarres, comme dans L'Homme parfait."

L'Homme parfait, avec son robot humanoïde, permet aussi à Didier Bourdon de renouer avec un genre, la SF, qu'il adore, et qu'il a un peu pratiqué au cinéma, notamment dans L'Extraterrestre, Jacky au Royaume des filles ou encore le polar oublié La Machine (1994), où il joue un sociopathe qui échange son corps avec Gérard Depardieu.

Et il faut savoir rester dans le genre où l'on excelle, insiste cet acteur qui a très rarement osé les rôles en contre-emploi: "Une des marques de fabrique de mon travail et des Inconnus, c’est quand même la critique sociale. Et qui dit critique sociale dit quelque chose de réaliste. Dès qu'on met du surréalisme, il faut faire attention, sinon on peut gâcher un peu le message. C'est pour ça que je n'ai pas trop fait de SF."

"Une comédie, c'est comme un morceau de rock"

Pour Didier Bourdon, les plus gros éclats de rire naissent du drame. Comme dans Permis de construire, une comédie sortie au printemps où un Parisien supervise le chantier de la maison de son père défunt en Corse. Menacé dans une scène par des bandits, son personnage est contraint de prouver qu'il parle corse. C'est parce qu'il "peut recevoir une balle dans la tête à tout moment" que la salle éclate de rire, commente-t-il:

"J’ai pu le voir avec le public. Cette scène, avec les voyous, c’est vraiment comme dans Les Trois frères la scène du piercing. C'est un climax. Je fais semblant d’être corse. Je fais des bruits très, très mal. Avec le danger imminent et moi qui imite mal les onomatopées corses, c’est là que les gens explosent de rire."

Au bout de quarante ans de carrière, Didier Bourdon est devenu un expert en comédie. Un statut qui permet de lui faire dire des phrases définitives comme: "Une comédie, c'est comme un morceau de rock. C'est meilleur court." A l'origine, pourtant, il ne se destinait "pas vraiment" à la comédie lorsqu'il est entré au Conservatoire.

Son choix de refuser d'intégrer à l'époque la Comédie-Française l'a peut-être conditionné à devenir humoriste, analyse-t-il avec le recul: "Elle n'était pas en bonne santé. Et lorsqu’on y entrait, on ne pouvait pas faire du cinéma en dehors. J’ai refusé. Peut-être que j’aurais eu un profil de carrière différent si j'y étais entré." S'il n'a jamais eu de carrière dramatique à la hauteur de son talent, il a pu jouer avec un des réalisateurs les plus célèbres au monde, Ridley Scott, dans Une grande année (2006):

"On lui avait proposé à l’époque Jean Reno ou Vincent Cassel. C'était les Français à qui on proposait à l’époque tous les films américains. Lui, en bon professionnel, il a cherché d’autres noms. Il connaissait mon travail avec Les Inconnus. Et c'est 7 ans de mariage, une comédie que j'ai réalisée en 2003, qui l’avait convaincu. Il l'a montré à tout Hollywood et m'a reçu à trois reprises chez lui. C'était très gratifiant."

Bientôt le retour des Inconnus

Si le film de Ridley Scott n'a pas lancé sa carrière à Hollywood, Didier Bourdon multiplie les tournages en France. "J’aimerais réaliser à nouveau, mais ce n’est pas évident. Et on me propose beaucoup de choses en tant qu’acteur, et des choses intéressantes, donc je ne vais pas me plaindre."

Il vient de boucher Cocorico de Julien Hervé, le co-créateur des Tuche. Il y donnera la réplique à Christian Clavier, avec qui il a repris La Cage aux folles sur scène, en 2009. "Le sujet est formidable. Après, je reste prudent. Que le film soit bien, ça s'est sûr, après, est-ce qu’il sera très bien? Je ne sais pas. Il faut toujours voir si la mayonnaise prend."

Il tourne en ce moment Alibi.com 2 de Philippe Lacheau en attendant de retrouver ses compères Pascal Légitimus et Bernard Campan dans une comédie signée Riad Sattouf. "Ça va être un truc un peu délirant. On jouera plusieurs personnages. C’est plutôt une belle idée. Riad aime bien qu’on puisse jouer des personnages complètement différents - quitte à ce qu’on ne nous reconnaisse pas, parfois, pendant le film."

Le tournage est prévu au printemps de l'année prochaine. "Ça peut être très sympa, conclut Didier Bourdon. "C'est un peu la jonction entre nos deux univers. Mais ce sera d’abord un film de Riad, avec la participation des Inconnus, on va dire. Ce n’est pas un film des Inconnus. Ce sera un peu plus fantastique." Et l'occasion pour Didier Bourdon de montrer enfin une nouvelle facette de son jeu.

Article original publié sur BFMTV.com

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