Deux ans ferme requis contre l'agresseur présumé du romancier Edouard Louis

M. R.
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L'écrivain Edouard Louis. - Daniel Roland - AFP
L'écrivain Edouard Louis. - Daniel Roland - AFP

Dans un livre, l'écrivain Edouard Louis a fait le récit d'une agression sexuelle par un amant, un soir de Noël à Paris : vendredi à Paris, 4 ans de prison dont 2 ferme ont été requis contre un homme de 35 ans, qui se dit innocent.

Le soir du 25 décembre 2012, Edouard Louis, alors âgé de 20 ans, porte plainte pour viol et tentative de meurtre. Aux policiers, il rapporte avoir rencontré dans la rue, vers 3h30 du matin, un homme prénommé Reda, qui l'a accompagné chez lui.

Celui qui n'était encore pas l'auteur célèbre d'En finir avec Eddy Bellegueule, sorti un an plus tard, raconte à l'époque avoir eu des relations sexuelles consenties, avant de se rendre compte que sa tablette et son téléphone avaient disparus.

Etranglé avec une écharpe

Confronté, Reda était alors devenu menaçant, l'a étranglé avec une écharpe puis violé, déclare Edouard Louis, qui ajoute avoir réussi à se réfugier sur le palier avant que son agresseur ne quitte les lieux.

Cette nuit, l'écrivain la racontera plus tard dans un ouvrage, Histoire de la violence, publié le 7 janvier 2016. Deux jours après, un suspect est interpellé fortuitement dans une autre affaire et confondu par son ADN.

A l'issue de l'instruction, comme dans de nombreux dossiers d'accusations de viol, les faits ont été requalifiés en "agression sexuelle", amenant l'affaire devant un tribunal et non aux assises.

"Vérité judiciaire" et non "littéraire"

"On ne juge pas un livre, on juge les faits", a prévenu la procureure en ouverture de son réquisitoire, appelant à chercher une "vérité judiciaire" et non "littéraire".

Citant le rapport médico-légal, les "versions concordantes" d'Edouard Louis auprès "des amis, des services de police, des médecins", elle a requis une peine de 4 ans dont 2 ans avec sursis, avec obligation de soin.

"Je jure à la justice française qu'il n'y a jamais eu de violence, même des violences verbales", a déclaré plus tôt à la barre le prévenu de 35 ans, remis en liberté fin 2016 après onze mois de détention provisoire.

Cet homme né en Algérie, sans papiers, qui s'exprimait par la voix d'un interprète, a réfuté l'étranglement et le viol: il a reconnu avoir tenté de voler la tablette mais pas le téléphone, assurant s'en être défendu quelques minutes auprès d'Edouard Louis avant de quitter l'appartement.

"Il n'y a que des mensonges, je suis épuisé", a-t-il lancé.

Article original publié sur BFMTV.com