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Deux étudiants découvrent que les écrevisses accumulent le lithium dans leur chair

Indicatrices de la qualité des milieux naturels, les écrevisses sont sensibles aux polluants. Deux étudiants américains viennent de démontrer que le lithium pouvait s’accumuler dans leur système digestif et les muscles de la queue que les humains mangent.

Dès le début du mois de mars, les gastronomes du sud des États-Unis se précipitent sur les premières écrevisses que l’on trouve en abondance dans les marais du golfe du Mexique. En Louisiane, Procambarus clarkii fait même l’objet d’un véritable culte alors qu’en France, c’est une espèce invasive qui provoque de gros dégâts.

Le lithium pénètre dans les tissus des écrevisses

Deux étudiants du Mississippi College, Andrew Douber et Javian Ervin, s’avouant amateurs de la chair de ce crustacé, ont voulu vérifier si l’animal pouvait concentrer dans son organisme le lithium dissous dans l’eau. Leurs résultats ont été annoncés lors de la session de printemps de l'American Chemical Society (ACS) qui regroupe l’ensemble des entreprises et laboratoires de recherche travaillant dans le secteur de la chimie aux Etats-Unis. Résultat : l’écrevisse concentre bien le lithium qu’elle rencontre dans son milieu naturel. Les deux jeunes gens présentent leur démarche dans la vidéo ci-dessous.

Les deux étudiants ont nourri des écrevisses pendant une semaine avec des aliments supplémentés avec du lithium sous forme ionique puis ils ont analysé quatre organes de ces animaux : les intestins, les ouïes, l’hépatopancréas (qui assure chez les crustacés les fonctions du foie et du pancréas), et enfin les muscles de la partie caudale.

Les teneurs les plus élevées ont été retrouvées principalement dans les intestins, la fonction des ouïes et de l’hépatopancréas étant de rejeter ce minéral hors de l’organisme. Cependant, 27,5% du lithium pénètre dans les tissus de l’animal pour arriver jusque dans les muscles. C’est en période chaude, quand elles sont consommées, que les écrevisses concentrent le plus de ce polluant. En bout de chaine alimentaire, l’humain pourrait ainsi accumuler ce métal dans ces tissus pour des effets qui ne sont pas encore tous clairement identifiés. A de fortes concentrations, le lithium peut endommager les cellules du cœur, et provoquer des confusions mentales. Chez d’autres [...]

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