Des policiers homophobes insultent un couple gay… et changent de ton quand ils découvrent qui ils sont

Image d’illustration : Reuters / Jose Luis Gonzalez

Alors qu’ils rentraient chez eux, Victor et Maxime ont été agressés verbalement par des policiers homophobes mercredi soir à Paris. Mais quand ces derniers comprennent que l’un d’eux travaille avec un adjoint au maire de Paris, le discours change. Une situation inacceptable pour le couple qui a publié une tribune dans Le Nouvel Obs.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, Victor et Maxime rentrent d’une soirée en scooter. Place de la République, ils attendent au feu rouge. Juste derrière eux, les occupants d’une voiture s’en prennent à deux cyclistes. “Ils leur hurlaient dessus, alors j’ai crié ‘ta gueule’”, raconte Victor qui connaît l’un des hommes à vélo.

En se retournant, Maxime, son copain, se rend compte que l’un des automobilistes est armé : ce sont des policiers en civil dans une voiture banalisée. Le feu passe au vert. Le scoot démarre. Et le gyrophare s’allume

“Il te défonce hein, pédé !”

Les trois hommes obligent le couple à s’arrêter, sortent de la voiture apparemment surexcités selon le couple, en agitant un brassard de police.

Ils séparent le couple, et commencent les interrogatoires :

- “Tu habites où le bobo ? C’est qui le mec avec toi, c’est ton frère ?”

Victor poursuit : “Je lui ai dit que non, c’était mon copain.” C’est là que les insultes auraient fusé :

- “Tu le suces ton copain ?”

- “Il te défonce hein, pédé !”

“Vous seriez morts”

Les agents demandent à Victor de mettre les mains derrière le dos. L’étudiant de 18 ans est “tétanisé” : “Ils étaient bouillants. Je baissais les yeux et je n’osais pas répondre.”

Ils menacent de le coller 72 heures en garde à vue. S’en suit une fouille au corps appuyée. “Ils faisaient exprès de me faire mal.” Victor raconte que l’un des agents pressait violemment son plexus plexus de Victor au point de lui “couper la respiration”.

Pendant ce temps, Maxime subit un étrange interrogatoire : “L’un des policiers m’a dit ‘si vous étiez des loulous dans les cités, ça ne se serait pas passé comme ça, vous seriez morts. Mais vous êtes des petits bobos parisiens…’”

Collaborateur de l’adjoint au maire

Après quelques minutes, les policiers leur demandent ce qu’ils font dans la vie : Victor est étudiant, Maxime, collaborateur de Ian Brossat, maire adjoint de Paris en charge du logement.

Changement de ton. les brutalités et les insultes s’arrêtent, le ton se fait plus lisse. “Vous avez de la chance d’être tombés sur nous !” auraient-ils lancé avant de repartir.

“Ils sentaient qu’ils avaient déconné et ils tentaient de minimiser la situation”, explique Victor.

“Pas de matricule”

Maxime et Victor comptent signaler auprès de l’IGPN, la police des polices, le comportement des trois policiers, sans trop d’espoir quant aux suites possibles. “Ils n’avaient pas de matricule et dans cette situation on n’a pas pensé à relever la plaque d’immatriculation”, détaille Maxime.

Un peu plus tard, Victor a fait un récit très bref de sa soirée sur Tweeter : “En réaction j’ai reçu une vingtaine de messages homophobes et insultant. J’ai dû bloquer plusieurs comptes.”

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