Des civils évacués du dernier village aux mains de l'EI dans l'Est syrien

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DES CIVILS ÉVACUÉS DU DERNIER VILLAGE AUX MAINS DE L'EI DANS L'EST SYRIEN

Un journaliste de Reuters sur place a vu le convoi quitter Baghouz, près de la frontière irakienne, et un porte-parole des FDS a indiqué qu'il s'agissait d'une évacuation. /Photo prise le 20 février 2019/REUTERS/Rodi Said

PRES DE BAGHOUZ, Syrie (Reuters) - Plusieurs dizaines de camions chargés de civils ont quitté mercredi Baghouz, dernière poche de résistance des djihadistes de l'Etat islamique dans l'est de la Syrie, ont annoncé les rebelles arabo-kurdes des Forces démocratiques syriennes (FDS), qui assiègent le village.

Un journaliste de Reuters sur place a vu le convoi quitter Baghouz, près de la frontière irakienne, et un porte-parole des FDS a indiqué qu'il s'agissait d'une évacuation.

Le Haut commissariat de l'Onu aux droits de l'homme s'était inquiété la veille du sort des deux cents familles assiégées selon lui à Baghouz.

D'après les FDS, qui sont soutenues par les Etats-Unis, 2.000 civils et quelques centaines de combattants s'y trouvaient encore avant l'évacuation.

La prise du village, qui semble imminente, ne dissipera vraisemblablement pas la menace djihadiste et les FDS ont invité lundi la coalition internationale formée pour combattre l'Etat islamique à maintenir 1.000 à 1.500 hommes en Syrie pour les aider à y faire face.

Le mouvement dominé par les rebelles kurdes des Unités de protection du peuple (YPG) ont également demandé aux Etats-Unis de renoncer au retrait des 2.000 GIs présents en Syrie, annoncé en décembre par Donald Trump, ce que le général Joseph Votel, chargé du Commandement central des forces américaines au Moyen-Orient, a exclu.

La Turquie, qui considère les YPG comme une émanation du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), a menacé à plusieurs reprises de les chasser de l'Est syrien. Dans la perspective du retrait américain, les rebelles kurdes se sont rapprochés de Damas pour se prémunir d'une intervention turque.


(Rodi Said, Jean-Philippe Lefief pour le service français)