Derrière l'allocution, l'esquisse du programme "à droite toute" du candidat Macron

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Ce mardi soir, le président a choisi pour son discours de rentrer dans les débats qui agitent la droite en donnant le ton de sa future campagne. Avec un objectif: convaincre les électeurs LR.

Un discours de pré-campagne à droite toute ce mardi soir pour le président de la République? Sur les bancs des candidats au congrès LR, le constat est clair. "Emmanuel Macron a fait une tentative de hold-up des idées de la droite: le travail, le nucléaire, les retraites", souligne ainsi Valérie Pécresse sur France Inter ce mercredi. 

Difficile de lui donner tort. Pendant un intervention qui aura duré en tout un peu moins d'une demi-heure, le chef de l'État a certes parlé du Covid mais il surtout disserté pendant 26 minutes sur les retraites, le travail, le nucléaire et la sécurité

Si ces thématiques sont transpartisanes, les accents choisis par le locataire de l'Élysée montrent qu'au lendemain du premier débat de la primaire de la droite, il souhaite parler à cet électorat.

La suspension des allocations chômages lancée sous Sarkozy 

 A commencer par l'assurance chômage. Emmanuel Macron a insisté sur le fait que "les demandeurs d'emploi qui ne démontreront pas une recherche active d'emploi verront leurs allocations suspendues". Cette disposition qui radie temporairement ou définitivement un chômeur en cas de manquement de ses obligations existe déjà depuis... 2008, quand Nicolas Sarkozy était président.

Le politique a aussi rappelé que la réforme de l'assurance-chômage mise en place depuis le mois d'octobre -un temps censuré par le Conseil d'État- va continuer à se déployer.

"Il faudra désormais avoir travaillé au moins six mois dans les deux dernières années pour pouvoir être indemnisé alors qu’aujourd’hui les droits au chômage sont ouverts au bout de quatre mois de travail", a précisé le locataire de l'Elysée.

Déjà annoncé par la ministre du travail Elisabeth Borne en octobre, cette mesure était notamment contenue dans le "projet alternatif" présenté par l'UMP en 2014 quand François Hollande défendait, lui, son pacte de responsabilité.

Le recul de l'âge de départ à la retraite, un classique de la droite

Autre sujet abordé ce mardi soir par le président, la question de la réforme des retraites. Si Emmanuel Macron a estimé que "les conditions (n'étaient) pas réunies pour relancer le chantier des retraites", il a semblé enjamber la présidentielle, appelant "dès 2022 à prendre des décisions claires pour préserver les pensions de nos retraités et la solidarité entre nos générations".

Et d'appeler à "travailler plus longtemps en repoussant l'âge légal, aller vers un système plus juste en supprimant les régimes spéciaux, en harmonisant les règles entre public et privé".

Depuis 1986, la réforme du système français de retraites par répartition est sur le bureau de tous les gouvernements. Prise en compte des 10 meilleures années de salaire dans le calcul de la retraite aux 25 meilleures sous Balladur en 1993, allongement de la durée de cotisation de façon continue depuis 1991 jusqu'en 2014 avec Marisol Touraine, en passant par François Fillon en 2004...

Si la première grande réforme des retraites s'est faite sous François Mitterrand (durant la deuxième cohabitation de droite) et la dernière sous François Hollande, ce sont essentiellement des gouvernements de droite qui ont amendé le système.

Une future loi pour la police

La droite ne s'y est pas trompée. 

"En matière de réforme des retraites, aujourd'hui, Macron reconnaît qu'il faut repousser l'âge légal si on veut préserver le niveau des retraites et si on veut éviter des cotisations qui deviennent insupportables. Au fond, il est revenu à la raison", a ainsi estimé Gérard Larcher, le président LR du Sénat sur France 2.

Enfin, alors que l'immigration agite les débats principalement à droite, Emmanuel Macron a donné des gages à l'électorat LR. L'un des tous derniers textes présentés au Parlement sera une "loi de programmation pour nos sécurités intérieures" afin de donner "plus de moyens" aux forces de l’ordre et pour "alléger leurs contraintes bureaucratiques". 

Autre clin d'œil, la présidence tournante de l'Union européenne, dirigée par la France en janvier prochain, qui permettra d'abord de répondre à "notre grand défi": la protection des frontières extérieures.

Balladur pour inspiration 

Enfin, pour conclure son allocution, Emmanuel Macron semble être inspiré d'... Édouard Balladur. 

"N'ayons pas peur, croyons en nous, croyons en la France (...) Nous le méritons", a t-il lancé à la fin de son discours. La référence n'a pas échappé au député européen EELV David Cormand qui a tweeté une affiche de campagne de l'ancien Premier ministre, en pleine campagne présidentielle en 1995, avec un slogan: "Croire en la France".

La stratégie adoptée par Emmanuel Macron semble pour l'instant convaincre. Malgré un effritement, le chef de l'Etat fait toujours la course en tête pour les sondages. Il récolte entre 23 et 26% des voix au premier tour, et bat très largement tous ses concurrents au second d'après l'étude Elabe pour BFMTV et L'Express en partenariat avec SFR. 

Article original publié sur BFMTV.com

VIDÉO - Allocution d'Emmanuel Macron : Covid-19, travail, réformes...le président en campagne

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