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"S’il vous plaît, chaque heure compte !" : Thérèse a assisté au décès de sa sœur jumelle aux urgences

Personne n'a pris au sérieux Thérèse qui suppliait le personnel soignant de donner des antibiotiques à sa sœur jumelle.

La sexagénaire a été prise en charge dans deux hôpitaux différents (Getty Images/iStockphoto)

Elle n'a rien pu faire. Le 6 septembre 2022, la sœur jumelle de Thérèse est décédée, comme le raconte Le Parisien. Deux jours avant, le 4 septembre, Frances tombe malade et souffre d'importantes douleurs et de fièvre. Quelques jours auparavant, elle a été mordue à la main par son chien alors qu'elle arrosait le jardin. Mais le médecin ne s'inquiète pas de cette information.

Thérèse craint que sa sœur soit victime d'une infection. À l'hôpital de Cannes, elle tente de se faire entendre et interpelle la secrétaire mais personne ne la prend au sérieux. "Deux hommes en noir nous ont congédiées. Personne ne voulait nous écouter. C’était un film d’horreur !", se souvient avec émotion la sœur de la patiente.

"Chaque heure compte"

Après deux heures d’attente, Frances est finalement prise en charge. Mais, à 23h15, elle est autorisée à sortir de l'hôpital alors qu'elle tient des propos délirants. Toute la nuit, Thérèse veille sur sa sœur. Au petit matin, elle ne parvient plus à parler et une ambulance la ramène à l'hôpital de Grasse. Une nouvelle fois, Thérèse supplie le médecin de lui administrer des antibiotiques pour détruire la bactérie. Elle raconte l'épisode de la morsure du chien. "S’il vous plaît, chaque heure compte ! Donnez-lui des antibiotiques ! Elle m’a alors répondu : "Je suis la médecin, pas vous". Jamais je n’oublierai !".

Elle a finalement été autorisée à la voir quelques minutes : "Je lui ai brossé les cheveux en lui répétant que je l’aimais, qu’elle était belle, courageuse, que tout irait bien, lâche Thérèse. Je sauvais la face mais je sentais qu’elle allait mourir. (...) Je n’ai rien pu faire et je m’en veux". Dans la nuit, Frances appelle sa sœur mais après onze secondes, la communication est coupée. Elle sera retrouvée inanimée derrière la porte de sa chambre le lendemain matin, le médecin venait de lui donner des antibiotiques. "On va porter plainte pour homicide involontaire contre ces deux hôpitaux", assure Me Thomas Callen, cité par le quotidien.