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"Il est dangereux" : Magali Berdah réagit au rappel à l'ordre de Booba sur son contrôle judiciaire

Le rappeur Booba, mis en examen pour cyberharcèlement à l'encontre de Magali Berdah, a été rappelé à l'ordre lundi par un juge d'instruction pour violation de son contrôle judiciaire. Sur BFMTV, l'agente a salué cette mise en garde.

"La justice avance". Sur BFMTV ce samedi 3 février, Magali Berdah a salué le rappel à l'ordre par la justice du rappeur Booba dans le dossier de cyberharcèlement à l'encontre de l'agence d'influenceurs, même si elle a estimé qu'il arrivait un peu tard.

Mis en examen le 2 octobre 2023 pour "harcèlement moral aggravé" à l'encontre de Magali Berdah, Booba avait été placé sous contrôle judiciaire. Une mesure qui l'empêche en théorie de contacter l'agente, mais aussi de la mentionner (via un "tag" symbolisé par un "@" devant un nom d'utilisateur) sur les réseaux sociaux.

Une mise en garde

Malgré cette obligation, Booba a de nouveau publié des messages visant Magali Berdah, en la "taguant" à au moins deux reprises. L'un des messages, publié le 28 octobre 2023, a été consulté plus d'un million de fois. Booba y partageait alors une vidéo de Magali Berdah évoquant ce qu'elle qualifie de cyberharcèlement de la part de l'artiste.

Une entrave aux mesures de son contrôle judiciaire qui lui a donc valu une nouvelle convocation ce 29 janvier 2024 par le juge d'instruction. Avec à la clef une mise en garde, d'après le procès-verbal d'audition, consulté par BFMTV.

"C'est dur pour moi, parce que chaque tweet qu'il fait engendre des millions de vues", a témoigné Magali Berdah ce samedi.

L'artiste est suivi par plus de six millions de personnes sur X (ex-Twitter). Il a fait depuis deux ans de Magali Berdah le visage des dérives commerciales des influenceurs en France, s'attaquant également à elle sur son physique ou sa religion. Elle n'a encore jamais été condamnée pour des faits relatifs à son activité dans l'influence, mais son agence fait l'objet d'une enquête préliminaire à Paris, notamment pour escroquerie.

Des restrictions possibles en cas de mention

Lundi, le juge d'instruction a rappelé à Booba que si pour le moment, il demeure libre, la justice dispose "d'autres leviers pouvant être actionnés", à commencer par "des restrictions de la liberté de circulation" du rappeur. Une mesure qui pourrait être décidée "pour assurer la tranquillité de madame Berdah".

Aux yeux de la justice, la mise en contact avec Magali Berdah peut se faire de deux façons sur X: par un message privé, ou l'utilisation de la fonction "tag" ("mention"). En d'autres termes: Booba peut évoquer Magali Berdah, mais pas l'interpeller en utilisant son nom d'utilisateur.

"Le contact s'entend d'une interaction directe et non d'une simple mention. Concrètement, transposé dans le fonctionnement des réseaux sociaux, cela signifie qu'il vous est interdit d'adresser un message direct à madame Berdah et par extension, de la "taguer", c'est-à-dire de mentionner son identifiant", a ainsi rappelé le juge d'instruction, avant de demander à Booba s'il avait "l'intention de s'abstenir de taguer madame Berdah et de s'adresser à elle".

"Oui, je relaierai des décisions de justice ou des informations, si j'y ai droit, mais je ne la taguerai plus, ni ne ferai de montage (en référence à des montages visant Magali Berdah partagés par le rappeur, NDLR), ni me moquerai (de Magali Berdah, NDLR)", a-t-il ainsi promis.

Un communiqué deux jours plus tard

Deux jours plus tard, le rappeur a publié un communiqué appelant Magali Berdah à "préparer sa défense dans les multiples affaires dans lesquelles elle doit rendre des comptes" au lieu de "s'agiter dans les journaux et de rêver de (le) voir en détention".

Une prise de parole qualifiée ce samedi de "lunaire" par Magali Berdah. "A quel moment on va pouvoir stopper cette campagne de dénigrement, qui est monstrueuse et qui a aujourd'hui pourri ma vie et celle de ma famille?", a-t-elle demandé.

La ligne est en effet fine: même s'il ne la mentionne pas directement, les messages où Booba parle de Magali Berdah entraînent de nouvelles insultes envers elle, selon son témoignage.

"Ce cyberharcèlement c'est d'abord un chef de meute, une piraterie, des personnes qui adhèrent un peu à tout cela et qui sans connaître Magali Berdah, se sont déchaînées sur elle", a aussi expliqué son avocat, David-Olivier Kaminski.

Ce harcèlement prend la forme de "menaces, menaces de mort, injures à caractère antisémite, provocation à la haine...", a développé Me Kaminski.

Magali Berdah dénonce l'inaction du réseau social X

Magali Berdah a également dénoncé l'inaction des réseaux sociaux, et plus particulièrement X, à l'égard du harcèlement dont elle est victime.

"Quand vous agressez quelqu'un physiquement, vous êtes arrêté. Sur les réseaux sociaux, quand vous avez agressé quelqu'un tous les jours pendant presque deux ans, vous n'êtes pas arrêté", a-t-elle déploré sur BFMTV.

"Pour moi, (Booba) est responsable, mais Twitter est aussi responsable que lui", a-t-elle estimé. "Ils auraient pu arrêter ça tout de suite en lui supprimant son compte Twitter, parce qu'il est dangereux, pas que pour moi". La patronne de l’entreprise Shauna Events a d'ailleurs déposé plainte contre Twitter pour complicité de harcèlement moral aggravé en avril dernier.

Article original publié sur BFMTV.com

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