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Danemark : des milliers de personnes manifestent contre la suppression d'un jour férié

Devant le parlement, plusieurs milliers de personnes ont fait entendre leur mécontentement, à Copenhague, face au projet du gouvernement de supprimer "le grand jour des prières", une fête religieuse.

Au Danemark, le projet gouvernemental de supprimer un jour férié ne passe pas auprès de nombreux habitants du pays, qui ont décidé de descendre dans la rue, ce dimanche. Un fait rare qui n'est pas dans leurs habitudes.

Le mouvement est porté par la Confédération des syndicats danois (FH), qui compte 1,3 million de membres, soit près d'un quart des 5,9 millions d'habitants. Il a réuni ce dimanche plusieurs milliers de personnes devant le parlement danois à Copenhague. "Préservez notre jour férié", "Foutaises antidémocratiques", "Votez non"... pouvait-on lire sur les différentes pancartes.

"C'est une grande menace pour le modèle danois. Les politiciens devraient rester en dehors des questions qui concernent le travail. Et là, ils vont juste s'imposer et violer nos accords", s'insurgeait fin janvier Lizette Risgaard, présidente de FH.

"Aucune marge de manœuvre financière"

Emmené par la sociale-démocrate Mette Frederiksen, le gouvernement de coalition centre gauche-centre droit entend supprimer un jour férié, "le grand jour des prières", une institution depuis la fin du XVIIe siècle qui tombe chaque année le quatrième vendredi après Pâques.

La raison invoquée est d'atteindre dès 2030, au lieu de 2033, l'objectif fixé au sein de l'Otan de consacrer au moins 2% du PIB au budget de la défense. Une accélération elle-même motivée par la prise de conscience née de l'invasion de l'Ukraine par la Russie. La mesure implique 7,4 heures de travail en plus par an, a avancé le gouvernement.

"Je ne pense pas que ce soit un problème de devoir travailler un jour de plus", a affirmé Mette Frederiksen. "Nous devons faire face à d'énormes dépenses pour la défense et la sécurité, pour la santé, la psychiatrie et la transformation verte", a-t-elle justifié lors de son discours de politique générale. "Et il n'y a aucune marge de manœuvre financière."

Pour le syndicat et beaucoup d'économistes, l'argument ne tient pas. Afin de rapporter aux caisses de l'État les 3 milliards de couronnes (403 millions d'euros) prévues, les Danois devraient donc accepter de travailler un jour de plus et leurs employeurs accepter de leur accorder une hausse de salaire équivalente.

Or, l'existence de ce jour férié, et ses conséquences salariales pour ceux qui travaillent ou chôment ce jour-là, est acté dans les conventions collectives, une institution sacro-sainte dans le pays scandinave.

Un tollé il y a dix ans

Une pétition mise en ligne par FH a, elle, rassemblé près d'un demi-million de signatures. Seuls les trois partis gouvernementaux, majoritaires au Parlement, soutiennent la mesure. L'Église et les organisations représentant les militaires ont aussi protesté avec véhémence.

Au Parlement, les neuf partis de l'opposition, de l'extrême gauche à l'extrême droite, ont dit refuser de participer à un nouvel accord sur la politique de défense si le gouvernement ne faisait pas marche arrière.

Il y a dix ans, un gouvernement social-démocrate avait déjà tenté de supprimer ce jour férié. Avant d'y renoncer face au tollé.

Article original publié sur BFMTV.com

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