Damas lance un ultimatum aux djihadistes de Yarmouk

Les forces syriennes ont donné 48 heures aux djihadistes de l'Etat islamique (EI) qui tiennent une enclave au sud de Damas pour quitter les lieux. /Photo prise le 16 avril 2018/REUTERS/Ali Hashisho

BEYROUTH (Reuters) - Les forces syriennes ont donné 48 heures aux djihadistes de l'Etat islamique (EI) qui tiennent une enclave au sud de Damas pour quitter les lieux, rapporte jeudi le journal Al Watan.

"S'ils refusent, l'armée et les forces qui la soutiennent sont prêtes à lancer une opération militaire pour mettre fin à la présence de l'organisation dans la région", écrit l'auteur de l'article.

L'enclave tenue par l'EI se trouve aux abords du camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk et dans le secteur voisin d'Al Hadjar al Assouad, au sud de la capitale. Cette poche de résistance est beaucoup moins importante que la Ghouta orientale, dont les forces fidèles au président Bachar al Assad ont achevé récemment la reconquête.

Elles ont commencé mardi à bombarder le secteur pour préparer l'assaut, selon le commandant d'une unité progouvernementale.

Yarmouk, situé à 8 km du centre de Damas, était le plus important camp de réfugiés palestiniens de Syrie avant la guerre civile. La plupart de ses occupants ont fuit les combats, mais il en reste plusieurs milliers, selon les Nations unies.

La télévision publique annonce par ailleurs, images à l'appui, l'arrivée d'autocars à Doumaïr, au nord-est de Damas, en vue de l'évacuation des combattants du Djaïch al Islam et de leurs familles.

Vingt véhicules doivent permettre le transfert dans le nord de la Syrie de 5.000 personnes, dont 1.500 rebelles, après la restitution de leurs armes lourdes, précise-t-elle.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), l'armée russe négocie le départ des rebelles retranchés à Rastan, dans le centre de la Syrie. Ceux du Kalamoun oriental, à une quarantaine de kilomètres au nord-est de Damas, font l'objet de pressions croissantes de la part des forces gouvernementales, qui cherchent également à obtenir leur départ, ajoute-t-il.

Par ailleurs, l'armée irakienne a bombardé jeudi des positions de l'EI en Syrie, a dit le bureau du Premier ministre Haïdar al Abadi dans un communiqué.

Les frappes ont été menées en coordination avec le gouvernement syrien, a précisé un porte-parole de l'armée irakienne.



(Tom Perry, avec Maher Chmaytelli à Bagdad, Jean-Philippe Lefief et Arthur Connan pour le service français)