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D’immenses fermes solaires dans le désert pourraient contribuer à faire tomber la pluie

Et si les fermes solaires pouvaient contribuer à faire tomber la pluie ? Cette idée n’a rien d’une nouvelle de science-fiction. Si les parcs solaires sont suffisamment grands, avec des panneaux photovoltaïques suffisamment sombres et que les conditions sont réunies, c’est bien ce qui pourrait se produire, d’après des modélisations décrites dans Earth System Dynamics et dont la revue Science se fait l’écho.

Premier auteur de l’étude, Oliver Branch travaille dans un secteur émergent : l’étude de la façon dont les énergies renouvelables, facteurs clés dans la lutte contre le changement climatique, peuvent modifier les schémas météorologiques régionaux, créant des sortes de “microclimats”.

Le chercheur et ses collègues ont examiné les conditions qui font que les mouvements de convection engendrés par la chaleur dégagée par d’immenses fermes solaires peuvent alimenter des nuages et entraîner des précipitations aux Émirats arabes unis (EAU). “Selon leur modélisation, des vents humides de haute altitude en provenance du golfe Persique permettraient d’arriver à ce résultat [des chutes de pluies]”, indique Science. La revue détaille :

“Lorsque les conditions sont réunies, un parc solaire de 20 kilomètres carrés entraînerait la formation de près de 600 000 mètres cubes de précipitations supplémentaires, soit l’équivalent d’un centimètre de pluie tombant sur une zone de la taille de Manhattan.”

Pour Zhengyao Lu, climatologue à l’université de Lund, en Suède, coauteur d’une étude sur des fermes solaires dans le Sahara publiée en 2020, les travaux d’Oliver Branch sont intéressants et la solution qu’il propose pourrait bien être réalisable. Il ne reste plus qu’à construire de fermes aussi grandes, ou à agrandir celles qui existent déjà.

Une alternative à l’ensemencement des nuages ?

Science fait remarquer qu’il n’est pas certains que les EAU, qui ont soutenu financièrement l’étude, installent ce genre de parc solaire géant. Pour le moment, le pays a largement recours à la désalinisation de l’eau de mer pour s’approvisionner en eau douce, mais aussi à des techniques de géo-ingénierie. “Le pays est profondément attaché à son programme d’ensemencement des nuages [technique consistant à larguer des substances chimiques par avion pour déclencher des précipitations] avec environ 300 missions réalisées par an”, insiste Alya Al-Mazrouei, directrice du programme de recherche des EAU pour l’amélioration de la qualité de l’eau de pluie.

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