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Pour détecter les troubles bipolaires, un test sanguin disponible en France à partir du 1er avril

MyEDIT-B sera proposé aux patients traités par médicaments pour un épisode dépressif caractérisé modéré ou sévère. Il n’est pas encore remboursé par la Sécurité sociale.

SANTÉ - Une prise de sang pour faire la différence entre dépression et trouble bipolaire. C’est ce que propose myEDIT-B, un test sanguin qui est commercialisé en France à partir de ce lundi 1er avril. Il permettrait - avec une fiabilité de 80 % selon le laboratoire - de savoir si le patient est atteint de bipolarité ou non.

Car l’une des difficultés de ce trouble psychique, dont les malades alternent entre phase dépressive et phase maniaque, est qu’il est souvent confondu avec la dépression. Les phases dépressives sont souvent plus fortement marquées que les phases maniaques.

Conséquence : les patients mettent en moyenne huit à dix ans pour être correctement diagnostiqués. Selon une enquête menée en 2023 par l’association Bipolarité France, « 20 % des répondants ont eu la confirmation du diagnostic plus de 15 ans après l’apparition des premiers symptômes ». Sachant qu’entre-temps, la prise éventuelle d’antidépresseurs peut aggraver la maladie.

Ce test, mis au point par des chercheurs d’Alcediag, une société biopharmaceutique française basée dans l’Hérault, doit permettre de fortement réduire ces délais d’errance. Il vise dans un premier temps les personnes majeures traitées par médicaments pour un épisode dépressif caractérisé modéré ou sévère.

Prescription par un psychiatre

Prescrite par un psychiatre, la prise de sang devra être réalisée dans un des 400 laboratoires de la marque Synlab. Les résultats sont envoyés sous un mois au médecin qui pose le diagnostic final. « L’ordonnance du médecin doit nécessairement être accompagnée d’une fiche de renseignements cliniques signée du médecin et d’une fiche de consentement aux conditions d’usage du test, signée par le patient », a précisé Synlab dans un communiqué.

Comment la maladie est-elle détectée ? MyEDIT-B « repose sur un séquençage de l’ARN dans le sang, couplé à un algorithme basé sur l’intelligence artificielle », explique le labo. Il permet l’identification de biomarqueurs sanguins correspondant à la maladie. « L’algorithme myEDIT-B prend aussi en compte des données multifactorielles : l’âge, le sexe, les traitements et les addictions », détaille-t-il.

Déjà disponible en Italie, le test n’est pour le moment pas remboursé par la Sécurité sociale et coûte 899 €. « On a dix ans d’investissement sur fonds propres, justifie Alexandra Prieux, présidente d’Alcediag, auprès de 20 Minutes. Le développement de ce test a coûté très cher. On a fait appel aux dernières technologies de séquençage ». Une étude d’utilité clinique, qui va durer trois ans, est en cours afin de mesurer l’impact du test sur l’évolution de la maladie.

Ce test pourrait améliorer la vitesse de prise en charge de ces patients, qui peuvent souffrir des années durant faute de diagnostic d’isolement social, de difficultés scolaires ou professionnelles, d’addictions, de conduites dangereuses (sexuelles, financières, etc.), de troubles du sommeil… Et aller jusqu’à la tentative de suicide pour la moitié d’entre eux.

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