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Dépression : des traitements de plus en plus ciblés

Les antidépresseurs ne peuvent pas répondre à toutes les formes de la maladie. La recherche en santé mentale se mobilise pour identifier des profils de dépressifs et mettre au point de nouvelles stratégies thérapeutiques.

Cet article est extrait du mensuel Sciences et Avenir - La Recherche n°924, daté février 2024.

Exit le terme "dépression". "Nous parlons aujourd'hui de troubles du spectre de l'humeur", déclare le Pr Marion Leboyer, psychiatre à l'Université Paris-Est Créteil et directrice générale de la fondation FondaMental. Cette appellation n'est pas une coquetterie de spécialistes. La maladie, qui touche une personne sur cinq, se décline maintenant au pluriel car la recherche en santé mentale a montré qu'elle se présente sous des formes très hétérogènes. L'époque où l'on pensait traiter tous les dépressifs avec une seule classe de médicaments, les antidépresseurs, est donc révolue.

Comment reconnaître la dépression

Diagnostiquer un épisode dépressif, c'est la première étape pour s'en sortir. Afin de faire la différence avec une déprime passagère, une liste de neuf symptômes a été établie. Une dépression est caractérisée lorsque cinq d'entre eux sont ressentis pendant au moins deux semaines :

Tristesse inhabituelle présente pratiquement toute la journée, presque tous les jours.
Diminution du plaisir pour presque toutes les activités et incapacité d'accomplir les actions de la vie quotidienne.
Perte ou gain de poids significatif en l'absence de régime.
Insomnie ou hypersomnie presque tous les jours.
Agitation ou ralentissement psychomoteur.
Réduction de l'énergie ou fatigue anormale.
Diminution importante de l'estime de soi.
Difficultés d'attention et de concentration
Pensées suicidaires récurrentes.

À l'instar d'autres disciplines telles que la cancérologie et la cardiologie, la psychiatrie développe une médecine de précision, visant à "mettre fin à une approche uniformisée des soins ", indique Marion Leboyer. Cette approche est encore balbutiante. Pour preuve, le pourcentage de malades qui ne voient pas leur état s'améliorer malgré au moins deux traitements antidépresseurs successifs bien suivis, stagne autour de 20 %. "Dans la pratique, nous avons l'impression que nous parve[...]

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