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Quand Mussolini écrivait un roman à l'eau de rose

Benito Mussolini à Rome ici en 1938.  - Credit:Ann Ronan Picture Library / Photo12 via AFP
Benito Mussolini à Rome ici en 1938. - Credit:Ann Ronan Picture Library / Photo12 via AFP

Le grand sinologue britannique Arthur Waley, à qui on demandait ce qu'il pensait de la calligraphie de Mao Tsé-Toung, avait répondu qu'elle n'était « pas aussi mauvaise que la peinture de Hitler, mais pas aussi bonne que la poésie de Churchill ». Le jugement pourrait s'appliquer à l'unique roman de Benito Mussolini, La Maîtresse du cardinal. Le livre n'est pas complètement déshonorant, mais si son auteur n'avait pas inauguré le 29 octobre 1922 l'ère des dictatures fascistes en Europe, il serait depuis longtemps tombé dans l'oubli.

Benito Mussolini l'a écrit alors qu'il travaillait à Trente, comme secrétaire du syndicat socialiste du travail. Italienne de langue et de cœur, la ville faisait alors partie de l'empire d'Autriche-Hongrie. Le jeune Mussolini, 26 ans, s'occupait du journal local du syndicat, un quotidien nommé Il Popolo, qui avait lui-même un supplément hebdomadaire, La Vita Trentina. C'est pour ce dernier qu'il s'est lancé dans un feuilleton littéraire, en 1909.

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Dire que les génies de la littérature se marchaient alors sur les pieds dans l'Italie du Nord est à peine exagéré. Stefan Zweig, Marcel Proust et Edward Morgan Forster (Howards End, Route des Indes) passaient pour les vacances. À Trieste, Ettore Schmitz, futur Italo Svevo, apprenait l'anglais avec un Irlandais encore inconnu nommé James Joyce.

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