Le cyberpunk, c’est maintenant

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Maître de conférences à l’Université de Nice, Yannick Rumpala est l'auteur du livre Cyberpunk's not dead (ed. Le Bélial). Dans un entretien avec Sciences et Avenir, il décrypte les composantes de ce genre de la science-fiction où l'interface homme-machine côtoie l'intelligence artificielle. Et montre les étranges résonances que le cyberpunk trouve dans les temps contemporains.

“Le ciel au-dessus du port avait la couleur d'une télévision allumée sur une chaîne défunte”. Ainsi s’ouvre Neuromancien, roman de l’Américain William Gibson sorti en 1984 (récemment réédité chez Au diable vauvert) et monument inaugural de ce courant marquant de la SF qu’a été le cyberpunk. La phrase délivre presque le programme alors ouvert : montrer les effets de l’omniprésence technologique, dans tous les environnements, y compris ceux qui pouvaient encore paraître naturels. Le cyberpunk, c’est “la rencontre des corps et des techniques, sous les formes les plus diverses : électrodes, puces crâniennes, branchements corporels, prothèses cybernétisées”, écrit Yannick Rumpala, maître de conférences à l’Université de Nice, dans son livre Cyberpunk’s not dead (édition Le Bélial, 16,90 euros, 251 pages). Un imaginaire de l’hybridation qui pourrait même finir par passer pour banal, à l’heure où un Elon Musk rêve d’implants permettant de connecter cerveaux et ordinateurs. Alors vit-on au temps du cyberpunk ? Les réponses de Yannick Rumpala dans un entretien avec Sciences et Avenir.

Avec le cyberpunk, place à un “futur reconnaissable et scrupuleusement extrapolé de notre société moderne”

Sciences et Avenir : Vous écrivez dans Cyberpunk’s not dead que “le cyberpunk marque un changement dans l’imaginaire machinique et informatique”.

Yannick Rumpala : Le cyberpunk propose en effet une forme de critique et de prise de recul par rapport à la machine telle qu’elle est représentée dans les productions antérieures en science-fiction, spécialement le space opera avec ses vaisseaux spatiaux pour explorations interstellaires. Comme l’écrit l’auteur et propagandiste cyberpunk Bruce Sterling, place désormais à un “futur reconnaissable et scrupuleusement extrapolé de notre société moderne”. En réaction à l’ancienne “formule éculée”, le cyberpunk organise un retour sur Terre avec des enjeux bien plus ancrés dans la réalité quotidienne. Il exprime aussi le nouveau rapport à l’informatique[...]

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