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Crise politique au Sénégal après l'annonce du report de l'élection présidentielle

L'alliance régionale des pays de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a appelé dimanche au dialogue pour résoudre la crise politique ouverte au Sénégal.

Samedi, le président sortant Macky Sall a provoqué un véritable séisme en annonçant le report sine die de l'élection présidentielle programmée le 25 février prochain. Une première depuis 1963. Le mandat de Macky Sall devait prendre fin le 2 avril.

Pour justifier cette annulation du scrutin, le président en exercice a évoqué un différend électoral entre le parlement et le pouvoir judiciaire.

Plusieurs candidats d'envergure, dont Karim Wade, le fils de l’ancien président, ont effet été écartés par le Conseil constitutionnel. Les députés ont d'ailleurs voté pour l’ouverture d’une enquête parlementaire.

Plusieurs personnalités de l’opposition ont rapidement rejeté la décision du président. Au moins deux des 20 candidats à la présidentielle ayant déclaré qu’ils poursuivraient leur campagne qui devait débuter ce dimanche.

Pour la Cedeao, la classe politique sénégalaise doit "donner la priorité au dialogue et à la collaboration pour des élections transparentes, inclusives et crédibles" appelant les autorités à "accélérer les différents processus visant à fixer une nouvelle date pour les élections". Washington a également appelé à des élections libres et équitables et demande l'organisation d'un nouveau scrutin "rapidement".

Paris a réagi ce dimanche joignant sa voix pour demander l'organisation du scrutin "dans le meilleur délai".

Selon le code électoral sénégalais un préavis de 80 jours est nécessaire avant une élection, le nouveau scrutin présidentiel ne pourrait donc avoir lieu avant la dernière semaine d'avril.

L'annonce du report des élections a été comme un électrochoc dans un pays où les moins de 30 ans représentent 75% de la population. Beaucoup réclament massivement un changement radical de politique et le départ du gouvernement au pouvoir.

D'aucuns craignent désormais des débordements avec l'appel à manifester contre ce "coup d'Etat institutionnel" dénoncé par des opposants.

Les observateurs affirment que cette crise politique risque de mettre en danger l'une des démocraties les plus stables d'Afrique alors que la région a connu une vague de coups d'État.

Les tensions sont montées d'un cran ces derniers mois dans le pays après à des affrontements meurtriers impliquant des partisans de l'opposition.