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Crise en Haïti : le Kenya renonce à l’envoi de ses policiers après la démission d’Ariel Henry

Photo d’illustration d’un policier kenyan, ici en octobre 2023, lors d’une visite du roi Charles III à Nairobi.
SIMON MAINA / AFP Photo d’illustration d’un policier kenyan, ici en octobre 2023, lors d’une visite du roi Charles III à Nairobi.

INTERNATIONAL - Revirement inattendu. En raison d’un « changement radical à la suite de l’effondrement complet de l’ordre public et de la démission du Premier ministre de Haïti » Ariel Henry, le Kenya a décidé de suspendre l’envoi prévu de policiers en Haïti, censés ramener l’ordre et la sécurité sur l’île des Caraïbes en proie au chaos en raison d’affrontements entre la police et des gangs armés.

Crise en Haïti : comment les gangs armés s’emparent du pays et le plongent dans le chaos

Annoncée ce mardi 12 mars par un haut responsable du ministère kényan des Affaires étrangères, cette décision du Kenya pour Haïti a été précisée par Korir Sing’oei, secrétaire général du ministère kényan. « Sans administration politique en Haïti, il n’y a pas de point d’ancrage sur lequel un déploiement de la police puisse reposer, le gouvernement (kényan) attendra donc l’installation d’une nouvelle autorité constitutionnelle en Haïti avant de prendre d’autres décisions sur la question », a-t-il ajouté alors que le chef de l’État kényan William Ruto et Ariel Henry avaient pourtant signé le 1er mars un accord pour l’envoi de policiers kényans.

En revanche, la porte de Nairobi est restée ouverte pour « fournir un leadership » à la mission internationale, qui avait été approuvée par le Conseil de sécurité de l’ONU en octobre. Le Kenya s’était alors dit prêt à envoyer un millier de policiers en Haïti. Un projet ambitieux mais depuis mis à mal par de nombreux obstacles juridiques.

Washington minimise

Malgré l’annonce du Kenya, moins de 24 heures après la démission d’Ariel Henry, les États-Unis se sont étonnamment montrés optimistes quant à l’avenir de cette mission de police en Haïti. Quitte à minimiser la décision de Nairobi.

« Je serais bien sûr préoccupé par tout retard, mais nous ne pensons pas qu’un retard soit nécessaire », a déclaré à la presse le porte-parole du département d’État, Matthew Miller, estimant qu’un accord de transition permettra la mise en place d’un nouveau gouvernement, comme le souhaite Nairobi.

Pour Washington, « il est tout à fait naturel » que le Kenya « veuille savoir qu’il y a un gouvernement qui peut les accueillir et qui peut leur demander de déployer une mission », a ajouté le responsable américain.

Face aux appels de plus en plus pressants du gouvernement haïtien et de l’ONU, le Kenya avait accepté dès juillet 2023 de mener cette force de 2 500 à 2 600 hommes, alors espérée « au cours du premier trimestre 2024 », selon la représentante spéciale adjointe de l’ONU en Haïti. Puis, fin février, cinq pays, dont le Bénin avec plus de 1 500 hommes, avaient notifié à l’ONU leur participation à la future mission. Les autres membres de cette mission sont les Bahamas, le Bangladesh, la Barbade et le Tchad, selon le porte-parole du secrétaire général de l’ONU, Stéphane Dujarric.

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