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Crash mortel en 2022 dans l'Isère : ce que révèlent les conclusions de l'enquête, classée sans suite

Le Jodel D-140C piloté par l’inspecteur d’académie des Alpes-de-Haute-Provence s’était écrasé le 21 mai 2022 dans le massif de Belledonne (Isère). En tout, cinq personnes dont deux adolescents sont mortes. Le parquet de Grenoble révèle à BFM DICI que l’enquête judiciaire a été classée sans suite.

L’enquête judiciaire ouverte après le crash mortel d’un avion de tourisme en 2022 sur la commune des Adrets en Isère a été classée sans suite, a appris ce vendredi 9 février BFM DICI.

"Les examens médico-légaux n’ont pas révélé de problème médical ni de trace d’alcool ou de stupéfiant sur le pilote", a indiqué Mathilde Porret-Blanc, substitut du procureur de la République de Grenoble.

"Dans ce dossier, une double enquête a été menée", a poursuivi la magistrate. "Celle du groupement de gendarmerie de l’Isère visant à rechercher la cause des cinq décès et celle portant sur le volet technique, menée par la section de recherches des transports aériens de la Gendarmerie Nationale basée à Roissy Charles-de-Gaulle."

Aucune défaillance mécanique sur l'avion

L’accident s’était produit le 21 mai 2022 dans le massif de Belledonne. Deux femmes de 57 et 63 ans, ainsi que deux adolescents de 11 et 14 ans sont morts dans ce crash. Le pilote, âgé de 66 ans, avait lui aussi perdu la vie dans cet accident dramatique.

Il s’agissait de Frédéric Gilardot, alors directeur académique des services de l’Éducation Nationale (DASEN) des Alpes-de-Haute-Provence.

Concernant les cinq victimes, le médecin légiste est formel: Elles sont mortes de manière quasi-concomitante quand l’aéronef a percuté le sol. L’enquête technique révèle de son côté une autre certitude: La défaillance mécanique sur l’appareil est absolument exclue.

"L’aéronef était en règle concernant les maintenances obligatoires. Quant au pilote, il avait ses licences et l’expérience requise pour les vols découvertes", a retracé Mathilde Porret-Blanc.

Mais alors pourquoi l’avion s’est-il crashé? "Les enquêteurs ont identifié une addition de facteurs contributifs. Isolément, ces facteurs n’entraînent pas d’accident mais leur présence cumulative a entraîné ce crash" a expliqué la substitut du procureur.

Parmi ces facteurs, la météo. La température extérieure, relativement élevée mais réglementaire pour décoller, variait entre 31.3 et 31.9 degrés. L’avion, typé pour effectuer des vols en montagne, était aussi équipé de skis, ce qui a pu l’alourdir.

L’enquête a aussi démontré une modification imprévue du nombre de passagers quelques instants avant le départ. "Avant le décollage, trois passagers étaient prévus en plus du pilote. Un autre passager a été ajouté au dernier moment ce qui modifie le poids de l’appareil. Pour autant, c’était tout à fait possible car cet avion peut accueillir jusqu’à quatre passagers maximum" a confirmé la magistrate qui a dirigé l’enquête depuis le premier jour.

Autre facteur contributif: l’altitude-densité élevée, ce qui a pu entraîner une dégradation des performances de l'appareil en vol. Il s’agit du rapport entre la température extérieure et la pression atmosphérique.

Des éléments qui interrogent

En outre, les investigations ont démontré que, quelques jours avant le vol, une pièce importante du moteur avait été changée. Il s’agit du carburateur. Cette pièce était reconditionnée mais réglementaire et compatible avec l’appareil.

Elle était également fonctionnelle, d’après les tests réalisés après le crash. "Le rapport technique du bureau des accidents a conclu que si ce carburateur s’avérait moins performant, il n’a fait perdre à l’avion que 3% de sa puissance maximale", a aussi expliqué Mathilde Porret-Blanc.

Dernier facteur contributif pouvant expliquer l’accident: l’itinéraire choisi. Habituellement, ces balades touristiques aériennes s’effectuent dans la vallée de Grésivaudan. Or, le pilote a décidé, pour une raison qui demeurera inexpliquée, de privilégier une autre voie par les contreforts de montagne. Une voie ne permettant pas le demi-tour.

"L’enquête judiciaire, et le rapport du bureau des accidents, concluent la même chose : c’est l’addition de tous ces facteurs qui a entraîné le crash", a conclu le parquet de Grenoble.

"L'accident était imprévisible"

L’enquête a été clôturée à la fin du mois d’octobre 2023. Dans la foulée, la magistrate en charge la procédure a souhaité organiser une réunion d’information aux familles en présence du directeur d’enquête.

Durant une journée entière, elle a reçu les proches des victimes au palais de justice de Grenoble et échangé avec eux. "Un document leur a été présenté afin qu’ils puissent connaître le déroulé de l’enquête, le processus judiciaire et comprendre la décision", a indiqué la magistrate.

Le 1er décembre 2023, le dossier a été classé sans suite. "Cet accident tragique était imprévisible."

Article original publié sur BFMTV.com

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