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"Créer une autre histoire" : une thérapie permet de venir à bout des cauchemars récurrents

"Créer une autre histoire" : une thérapie permet de venir à bout des cauchemars récurrents

La thérapie par répétition d'imagerie mentale est de plus en plus pratiquée en France permettant de réécrire des cauchemars revenant trop souvent.

Être mangé par un requin, être étouffé sans aucune sortie possible... Ces cauchemars, lorsqu'ils reviennent régulièrement avec des scènes violentes ou proches de la mort, peuvent devenir problématiques.

6% des adultes français sont touchés par la maladie des cauchemars, c'est-à-dire qu'ils voient ces mauvais rêves devenir récurrents et ils "altèrent la qualité de vie", précise sur BFMTV Agnès Brion, médecin psychiatre et spécialiste des troubles du sommeil. Ils peuvent entraîner anxiété, insomnie voire dépression.

Une technique utilisée depuis le 13-Novembre

Pour en venir à bout, la thérapie par répétition d'imagerie mentale est proposée depuis quelques années par des médecins. Cette technique, mise en place dans les années 90 aux États-Unis, a commencé à être pratiquée en France, à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, à la suite des attentats du 13 novembre 2015.

"Ce que l'on propose, c'est de faire une imagerie mentale de ces cauchemars", explique Marc Rey, président de l'Institut du sommeil et de la vigilance.

Un patient est amené à écrire son cauchemar le matin ou lorsqu'il se réveille en pleine nuit, puis il "relit le cauchemar le soir et modifie un certain nombre d'aspects permettant de créer une autre histoire".

Cette technique repose sur le principe que "nous incorporons dans notre sommeil les événements de notre vie [...] et des apprentissages que nous faisons", poursuit Agnès Brion. La répétition d'imagerie mentale permet "d'apprendre des beaux rêves" puis de les répéter en faisant appel à "tous les aspects sensoriels".

Selon Agnès Brion, les conséquences positives peuvent être perçues "en quelques semaines". Mais la thérapie, "comme toutes les thérapies", ne fonctionne pas sur tout le monde, prévient la médecin psychiatre. "C'est considéré comme ayant une efficacité supérieure à celle des médicaments ciblant les cauchemars", ajoute-t-elle.

S'ils peuvent devenir problématiques lorsqu'ils sont récurrents, les cauchemars permettent habituellement de "digérer" les souvenirs émotionnels négatifs.

Article original publié sur BFMTV.com

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