Vaccin AstraZeneca : les hypothèses pour expliquer les cas de thromboses

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Une erreur lors de l'injection du vaccin pourrait être à l'origine des cas de thromboses, dont certains mortels, observés après l'injection du vaccin AstraZeneca.

Les cas de thromboses mortels chez des personnes ayant reçu le vaccin AstraZeneca quelques jours auparavant inquiètent. À Toulouse, une assistante sociale de 38 ans est décédée d'une thrombose à l'hôpital 14 jours après avoir reçu une dose d'AstraZeneca, alors qu'elle ne présentait pas de problèmes de santé particuliers.

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À Annecy, un homme de 63 ans a succombé à de multiples thromboses aux organes vitaux 10 jours après une injection du vaccin AstraZeneca, rapporte Le Dauphiné Libéré, tandis qu'à Nantes un étudiant en médecine de 24 ans est décédé dans les mêmes circonstances. Si le lien n'a pas été systématiquement avéré entre la vaccination et le décès de ces personnes, cela suscite l'inquiétude.

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Une erreur lors de la vaccination ?

L'Agence du médicament a reconnu, le 26 mars, un risque "très rare" de thrombose pour ce vaccin qui est désormais réservé aux plus de 55 ans en France. Si la raison de ces thromboses reste inconnu, le collectif du Côté de la Science émet plusieurs hypothèses.

L'une d'entre elles serait celle d'une mauvaise injection du vaccin, en intraveineuse alors qu'il doit être administré en intramusculaire. Avec une injection du vaccin dans le sang, cela provoquerait une réaction auto-immune, conduisant à la formation de caillots de sang. 

Une intraveineuse plutôt qu'une intramusculaire en cause ?

Car les premières cellules "repérées" par le virus lors d'une intraveineuse sont celles qui tapissent les vaisseaux sanguins. Or, estime le collectif, injecter par erreur le vaccin dans le sang mettrait en contact le virus avec ces cellules, ce qui peut induire une cascade immunitaire, pouvant conduire jusqu’à des thromboses.

"En activant le système immunitaire, les anticorps vont alors à leur tour induire, par cascade, une activation des plaquettes sanguines, jusqu’à engendrer une chute de ces même plaquettes, limitant la capacité de coagulation dans votre sang", explique Eric Billy chercheur en immuno-oncologie, et membre du collectif, au site industrie-techno.

Des facteurs aggravants

En cas d'injection en intraveineuse du vaccin AstraZeneca, d'autres mécanismes pourraient expliquer le sur-risque de thrombose observé. Les chercheurs du collectif du côté de la science évoquent ainsi l'hypothèse d'un dysfonctionnement d'un mécanisme de défense inné, le NET, "un filet, et dont l’objectif est 'd’attraper' et 'd’emprisonner' les virus circulants". 

Lors de l'injection accidentelle du vaccin dans le sang, ce mécanisme se mettrait alors en place et pourrait dysfonctionner. En effet, plusieurs études montrent que ce mécanisme aggrave les éléments thrombotiques chez les personnes atteintes de formes graves du Covid-19. 

Comment éviter ce risque d'intravasculaire accidentelle ?

Le collectif, qui rappelle qu'il ne s'agit que d'hypothèses, s'interroge également sur le rôle que d'autres facteurs aggravants peuvent jouer pour expliquer le fait que les thromboses ont essentiellement touché des femmes adultes, de moins de 55 ans. L'hypothèse de la prise de la pilule contraceptive et le tabagisme, qui peuvent à eux seuls causer des thromboses, pourraient également être des facteurs aggravants.

Face à cette hypothèse d'une injection intravasculaire accidentelle, le collectif Du Coté de la science propose de vérifier l’absence de retour sanguin lors de la vaccination en aspirant légèrement sur le piston avant l’administration du vaccin afin de voir si la seringue n'est pas dans une veine. Une vérification qui ne fait pas partie des recommandations actuelles.

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