Covid : « Dans les hôpitaux, la peur s'ajoute à l'épuisement et aux incertitudes »

Propos recueillis par Jérôme Vincent
·1 min de lecture
Wissam el-Hage est psychiatre et responsable du centre régional de psychotraumatologie au CHU de Tours.
Wissam el-Hage est psychiatre et responsable du centre régional de psychotraumatologie au CHU de Tours.

Alors que la deuxième vague de l'épidémie de coronavirus s'annonce pire que la première, l'état de forme, physique et psychique, des personnels soignants, médecins, infirmières, aides-soignantes, etc., est sans précédent. D'habitude costauds et pudiques, n'étalant pas leurs états d'âme, tous ceux que nous avons rencontrés et interrogés dans la préparation du palmarès 2020 des hôpitaux, de Paris à Bordeaux, de Toulouse à Tourcoing, de Rouen à Saint-Étienne, et qui sont impliqués dans la lutte contre les maladies infectieuses, en médecine, aux urgences, en réanimation ou dans tout autre service, manifestent leur extrême lassitude et leur profonde inquiétude. Ils n'ont pas envie de revivre la même crise, le même stress, les mêmes émotions qu'en mars-avril et savent pourtant que c'est inévitable.

Nous nous sommes entretenus avec le Pr Wissam el-Hage, psychiatre au CHU de Tours, responsable du centre régional de psychotraumatologie, déjà coauteur d'une étude préliminaire sur le sujet et responsable d'une grande enquête nationale qui débute. Est-ce normal et passager, ou réellement pathologique, un burn-out, un syndrome de stress post-traumatique ? Premiers éléments de réponse.

Le Point : Comment jugez-vous l'état d'esprit du personnel hospitalier en plein rebond de l'épidémie ?

Wissam el-Hage : Les soignants ont été très exposés lors de la première vague aux incertitudes d'une nouvelle maladie, au stress de réorganiser l'hôpital, à la mort de nombreux patients. Il [...] Lire la suite