Covid-19 : l'académie de médecine recommande d'espacer de 6 mois les doses de vaccins

Maxime Poul
·3 min de lecture
Pour l'Académie de médecine, la sortie de la crise sanitaire actuelle passe par une immunité collective suffisante et donc par une couverture vaccinale importante.

Dans un communiqué, l'Académie nationale de médecine recommande d'accorder un délai plus long entre l'administration des deux doses des vaccins à ARN messager contre le Covid-19 dans le but d'accélérer la campagne de vaccination.

D'abord 4 semaines, désormais 6 semaines... et pourquoi pas 6 mois ? Dimanche 11 avril, Olivier Véran a annoncé dans le Journal du dimanche que le délai entre l'injection des deux doses des vaccins Pfizer et Moderna passait de 4 à 6 semaines. Le lendemain, l'Académie nationale de médecine publiait un communiqué sur l'accélération de la vaccination contre le Covid-19 dans lequel elle préconise d'augmenter cet intervalle entre les deux doses des vaccins à ARN Messager, en s'appuyant sur des études très récentes. 

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Ces dernières études, datant d'il y a quelques semaines, démontrent qu'une seul dose de vaccin à ARN Messager offre rapidement une protection très élevée. La première, menée par les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), montre qu'une seule dose confère une efficacité protectrice de 80% contre l'infection après deux semaines, le deuxième dose élevant le taux à 90%. La seconde, une étude menée en Grande-Bretagne sur le variant britannique, évoque une efficacité à 72% 21 jours après la première dose, puis à 86% 7 jours après la seconde dose. 

6 mois d'intervalle pour les moins de 55 ans

C'est pourquoi l'Académie de médecine estime que ces données "très convaincantes" permettent de reconsidérer sa recommandation initiale, qui était de ne différer l'injection de la seconde dose des vaccins à ARN messager de 3 semaines et seulement chez les moins de 50 ans. "Devant la nécessité de presser la campagne vaccinale [...], un délai plus long, de l'ordre de 6 mois, permettrait d'atteindre une immunité collective beaucoup plus rapidement avec le même nombre de doses tout en assurant une protection individuelle satisfaisante."

Une recommandation qui concerne les personnes immunocompétentes, c'est-à-dire qui ont un système immunitaire qui fonctionne correctement, âgées de moins de 55 ans. Dans ce même communiqué, l'Académie de médecine recommande également de reporter la vaccination des personnes ayant été infectées par le SARS-Cov-2, sur la foi d'un test RT-PCR positif, à 6 mois après la date de positivité de ce test. Des recommandations qui pourraient permettre d'élargir la population des personnes pouvant recevoir une première injection de vaccin à ARN messager, à l'instar des travailleurs les plus exposés comme les enseignants conclut l'Académie nationale de médecine. 

Une stratégie favorable à l'apparition de nouveaux variants ?

Mais cette stratégie proposée par l'institution aurait ses limites. C'est en tout cas ce qu'affirme le biologiste médical Claude-Alexandre Gustave, qui estime qu'après une seule dose, la réponse immunitaire obtenue est "immature et faiblement neutralisante" et favoriserait l'apparition de variants. 

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