Covid: dans les aéroports, le chassé-croisé des vacances sera un nouveau test d'envergure

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Des passagers attendent d'embarquer sur un vol Air France, à Paris, le 1er juin 2021 (Photo: - via AFP)
Des passagers attendent d'embarquer sur un vol Air France, à Paris, le 1er juin 2021 (Photo: - via AFP)

CORONAVIRUS - “Le monde entier est notre invité”, dit le slogan des Aéroports de Paris, mais depuis 2020 c’est surtout le Covid-19 qui s’est frayé un chemin entre les tapis roulants et les portes d’embarquement qui mènent aux tarmacs.

Depuis le début de la pandémie, les aéroports sont des lieux particulièrement scrutés par les autorités et ce grand week-end de chassé-croisé estival ne fera pas exception à la règle. Il s’agit même d’un test grandeur nature pour l’ensemble des aéroports de la métropole.

Alors qu’en juillet 2020, les aéroports français avaient enregistré une fréquentation en baisse de 50 à 80%, la donne n’est plus du tout la même pour cet été 2021, grâce notamment aux vaccins et aux options de dépistages déployées. “C’est la première fois depuis le début de la pandémie qu’on a une augmentation très importante des flux, avec la campagne de vaccination et la réouverture des frontières. On n’est pas dans la même situation qu’à l’hiver où les flux étaient plus modestes. On doit gérer des pics et c’est là où surviennent les difficultés”, explique au HuffPost, le délégué général de l’Union des aéroports français, Nicolas Paulissen.

De difficultés, il s’agit notamment de temps d’attente monstre où parfois de dispositifs de contrôles faillibles. Des cafouillages médiatisés en juillet et qui ont eu pour effet de comparer certains aéroports à des “passoires”. Exemple avec ce député de la majorité

Un tweet de la journaliste de France Télévisions Karine Baste-Régis a également été très commenté.

Même Clément Beaune, le secrétaire d’Etat en charge des Affaires européennes a été surpris au début du mois, alors qu’il se rendait à Bonn en Allemagne, relayait le Canard Enchainé. À son départ, il n’a jamais été contrôlé, une gageure en pleine montée du variant Delta. Peu après sur BFMTV, le secrétaire d’Etat a annoncé un renforcement des contrôles, suivi de près par un déplacement du ministre délégué aux Comptes publics, Olivier Dussopt sur le tarmac de Nice.

Double contrôle à l’aéroport

Actuellement le contrôle est organisé selon un code couleur avec des pays en vert, orange et rouge. Suivant que le pays d’arrivée ou de destination se trouve dans l’une ou l’autre des catégories, les règles ne sont pas les mêmes.

Pour les départs, ces contrôles incombent aux compagnies. Et pour les arrivés, c’est la mission de la police aux frontières aidée par la Croix-Rouge ou des pompiers. Point noir pour tous ces services, les règles changent; et souvent. “On peut regretter le fait d’avoir des changements très fréquents, avec des règles qui sont différentes et complexes selon les pays, et surtout des délais très courts, parfois c’est du jour au lendemain. Mais en même temps l’évolution de l’épidémie peut être brusque ou inattendue. On ne peut pas parler de retard à l’allumage, parce qu’il faut du temps pour mettre en place la logistique, et aussi en fonction des pics”, pointe du doigt Nicolas Paulissen.

Interrogée par l’AFP, Guy Zacklad, directeur du “hub” d’Air France à Roissy n’hésite pas à parler d’“une vraie jungle de formalités”.

Un été d’“apocalypse” dans les aéroports ?

Surtout avec la crise sanitaire, et face à la baisse des volumes de voyageurs certains comptoirs ou aérogares ont été fermés. De quoi compliquer le respect des distanciations, et limiter aussi les ressources des assistants d’escales déjà débordés et qu’il a fallu former sur le tard. “Tout cela s’ajoute aux contrôles habituels de sureté et de filtrage dans les aéroports”, ajoute le délégué général de l’UAF.

En la matière, les professionnels du secteur avaient fait part de leur inquiétude à l’approche de la période estivale. Début juin, l’Association internationale du transport aérien (Iata) indiquait qu’entre 2019 et 2021 le temps de présence des voyageurs est passé d’en moyenne 1h30 contre 3h désormais, “alors que les volumes de voyageurs ne représentent qu’environ 30% de ceux d’avant le Covid-19”.

En mai, Augustin Romanet, le patron des Aéroports de Paris, alertait également sur une “apocalypse” estivale en terme de temps d’attente.

Il avait alors demandé au ministère de l’Intérieur à ce que les contrôles ne soient plus systématiques pour les destinations de l’espace Schengen. Une demande dont se faisait l’écho également l’UAF. Résultat “ça a été pris en compte sur les plateformes parisiennes, mais en région les retours qu’on a c’est que ça reste plutôt systématique”, répond Nicolas Paulissen qui se félicite d’avoir été au moins partiellement entendu.

Le pass européen peut-il changer la donne?

Pour le délégué général de l’UAF l’harmonisation en cours du pass sanitaire , ou “greenpass”, que des compagnies comme Air France intègre désormais dans les cartes d’embarquement, est aussi une bonne nouvelle. Depuis le début de la crise, l’impossibilité pour l’ensemble des pays européens à se mettre d’accord sur une nomenclature a été un vrai casse-tête. À titre d’exemple, certains demandent des tests PCR de moins de 48 heures quand pour d’autres c’est 24 ou 72 heures.

“On se rendait compte tous les jours qu’il y avait un certain nombre de clients qui n’avaient pas les bons documents et qui apprenaient au moment de l’embarquement qu’ils ne pouvaient pas partir, et c’était extraordinairement frustrant”, témoigne de son côté Guy Zacklad.

Dans cette situation, il devenait impératif de faciliter les solutions. Surtout dans un souci de long terme. “On voit bien qu’au delà de la difficulté estivale, on sent que ça va durer un certain temps. Il vaut mieux s’organiser dans la durée maintenant. C’est une nouvelle réalité, comme après 2001 avec une augmentation des contrôles”, abonde Nicolas Paulissen. Actuellement plus de 50% des Européens ont un schéma vaccinal complet, pour eux au moins les vacances devraient bien commencer, dès la porte d’embarquement.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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