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Le Covid-19 de retour ? Le virologue Bruno Lina juge une hausse des cas "probable" cet hiver

Avec la baisse des températures, une reprise épidémique du Covid-19 pourrait se produire. Santé publique France constate "une tendance à la hausse des indicateurs syndromiques en médecine de ville".

Près de quatre ans après l'apparition du Covid-19, le virus responsable de plusieurs confinements et d'une pandémie mondiale majeure est-il en train de faire son retour dans l'Hexagone ? Dans son bulletin daté du mercredi 22 novembre, Santé publique France constate "une tendance à la hausse des indicateurs syndromiques en médecine de ville" et une stabilité à l'hôpital, avec une augmentation des indicateurs virologiques".

Une situation inquiétante à l'approche de l'hiver, alors que la bronchiolite touche tout le territoire. Certes, les niveaux ne sont pas comparables à ceux des précédentes vagues, mais Isabelle Parent du Chatelet, membre de l'équipe de rédaction de Santé publique France (SPF), souligne "une tendance récente à une augmentation de ces consultations en ville et du taux de positivité".

"On objective cette circulation avec une surveillance qu'on a dans les eaux usées", explique-t-elle au micro de BFMTV.

Le rôle du variant JN1

Le nombre de cas pourrait ainsi augmenter dans les prochaines semaines avec la baisse des températures, note Bruno Lina, virologue à Lyon et membre du Covars. "Il est probable qu'il y ait une remontée parce que cette remontée est directement liée au fait que les conditions climatiques favorisent la circulation du virus", souligne-t-il.

D'autant que les multiples variants pourraient avoir une incidence sur la circulation du virus. En particulier le "JN1", aussi appelé "Pirola" et issu de la famille Omicron qui circule majoritairement en Europe, note Bruno Lina. "Le fait qu'il remplace [le variant EG.5] va peut-être favoriser un tout petit peu une reprise épidémique".

"Ces mutations lui ont donné un petit avantage en termes d'échappement immunitaire, mais par contre, en termes de transmission, la différence n’est pas très importante, ce qui fait qu'au bout du compte, il n'a pas été capable de se substituer très rapidement au virus qui circulait auparavant", ajoute-t-il.

"Pour les fêtes, ce qu'il est probable qu'il surviendra c'est une augmentation du nombre de cas d'infections à coronavirus", poursuit-il. "Mais on ne va pas observer des grandes vagues épidémiques comme on l'a vu précédemment". Le virologue précise que les symptômes du JN1 ne présentent "pas de différences majeures" et le virus "donne les mêmes signes cliniques que les virus précédents".

L'OMS s'inquiète d'une hausse des maladies en Chine

Santé publique France appelle à la vigilance et rappelle qu'il est nécessaire "d'appliquer les mesures barrières". "De plus, il est important que les personnes âgées ou présentant des facteurs de risque aient recours à la vaccination contre la Covid-19 et la grippe, ces vaccinations pouvant être concomitantes".

Le Covid-19 reste "une menace", a affirmé en début de semaine l'Organisation mondiale de la santé, quatre ans après l'apparition d'une maladie qui a fait des millions de victimes et ravagé l'économie mondiale, mais n'est plus vue comme une priorité.

Mercredi, l'OMS s'est en outre inquiété d'une hausse des maladies respiratoires en Chine et a demandé à la population "de prendre des mesures" de protection. "L'OMS a adressé une demande officielle à la Chine pour obtenir des informations détaillées sur une augmentation des maladies respiratoires et des foyers de pneumonie signalés chez les enfants", indique un communiqué.

Article original publié sur BFMTV.com

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