Covid-19 : qu'en est-il vraiment de l'immunité ?

Johanna Amselem
·3 min de lecture
Covid-19 : qu'en est-il vraiment de l'immunité ?
Covid-19 : qu'en est-il vraiment de l'immunité ?

Les études se suivent et ne se ressemblent pas concernant l’immunité des patients atteints par la Covid-19. Explications.

En France, plus de 1 964 000 personnes ont été contaminées par la Covid-19. Autant de patients infectés par le virus mais qui n’en ont pour autant pas forcément terminé avec l’épidémie. Des scientifiques de l'Institut de physiopathologie et de recherche sur les allergies de MedUni Vienne ont découvert que seulement 60% des patients atteints par la Covid-19 développent des anticorps protecteurs. Les conclusions de cette étude ont été publiées dans la revue Allergy.

Le résultat positif est que nous avons maintenant un test qui peut identifier les anticorps et montrer si les personnes qui ont déjà été infectées ont une immunité protectrice ou non”, rapporte Rudolph Valenta, qui a dirigé l’équipe de recherche. Il y a quelques jours, une étude américaine révélait que les personnes atteintes par des formes bénignes de la maladie voyaient leurs anticorps fortement chuter pendant les trois mois qui suivent l’infection.

Pour le moment, l’immunité au Covid-19 est encore mal comprise par le monde médical. Récemment, plusieurs études ont suggéré que d’autres mécanismes que les anticorps pouvaient jouer un rôle dans la protection contre le SARS-CoV-2. “Quels que soient les mécanismes, il est très probable qu’il y ait beaucoup de gens immunisés sans qu’on le détecte à la sérologie”, assure Yonathan Freund, professeur de médecine d’urgence à l’hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière, cité par plusieurs médias.

En effet, certaines personnes possèdent les lymphocytes T mais sans avoir été au contact de la maladie. Ces globules blancs seraient responsables de l’immunité cellulaire. “Notre principal résultat, c’est qu’au moins un tiers d’adultes qui n’avaient jamais été en contact avec le SARS-CoV-2 (le virus responsable du Covid-19) possédaient des lymphocytes T capables de réagir à ce virus. Ils provenaient très probablement d’infections antérieure à d’autres coronavirus”, avait rapporté le spécialiste d’immunologie allemand Andreas Thiel, co-auteur d’une étude publiée le 29 juillet dans la revue médicale Nature.

L’immunité mal cernée

Le Pr Yonathan Freund estime qu’il existe d’autres éléments que les anticorps neutralisants pour garantir une immunité face au Covid-19. “Ça peut vouloir dire deux choses : l’une, qui serait catastrophique, c’est que l’immunité ne dure pas dans le Covid. Mais je ne pense pas que ce soit le cas : sur 18 millions de cas, on n’a jamais entendu le moindre cas avéré de récidive”, rapporte le Pr Freund. Avant de poursuivre : “L’autre, c’est qu’il peut y avoir des gens immunisés qu’on ne détecte pas en sérologie”. Ainsi, le taux d’immunité partout dans le monde pourrait donc être sous-estimé car il est basé sur la détection des anticorps dans le sang.

Les études de séroprévalence donnent des chiffres jusqu’à 15/20 % dans les régions très touchées. Mais on pourrait être à beaucoup plus et certaines régions pourraient avoir atteint un seuil d’immunité suffisant pour qu’il n’y ait plus de catastrophe”, émet le Pr Freund. D’autres études doivent donc permettre de mesurer la présence réelle de ces lymphocytes T dans la population.