Covid-19 : patinoire, camion frigorifiques... Ces symboles de la mortalité de la deuxième vague

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La patinoire de Madrid, transformée en morgue en mars 2020.
La patinoire de Madrid, transformée en morgue en mars 2020.

Dans certaines régions, les pompes funèbres sont débordées par la mortalité liée au Covid-19. Des solutions radicales sont parfois envisagées.

C’est devenu un des symboles de la deuxième vague de Covid-19 qui déferle actuellement sur l’Europe. Alors que la mortalité touche de plein fouet certaines régions, les services funéraires sont parfois débordés, et doivent improviser des morgues provisoires. Des moyens inattendus, pour entreposer les morts dans l’attente de l’enterrement, qui illustrent la mortalité en Europe.

Des camions frigorifiques à Marseille

Ainsi, ces derniers jours à Marseille quatre camions frigorifiques ont été installés à proximité des hôpitaux de la ville, dont trois pour l’hôpital de la Timone, révèlent plusieurs médias dont RTL et France 3. Leur rôle, compenser la surcharge des chambres mortuaires en accueillant, temporairement, des cadavres.

Dans la ville, la capacité d’accueil des chambres mortuaires atteint 70%, mais le processus est ralenti par le confinement. Les autorités ont donc décidé d’anticiper en installant ces camions frigorifiques. Ce lundi, 338 patients Covid-19 sont hospitalisés dans les établissements de l'AP-HM dont 98 patients sont en réanimation dans les quatre hôpitaux de la ville. Dans la région, l’ARS estime à 250 le nombre de décès dûs au covid-19 chaque semaine.

La patinoire d’Alès réquisitionnée

À Alès, dans le Gard, les autorités anticipent également une saturation des chambres mortuaires. Mais dans la ville où l’on recense déjà dix victimes de plus que lors de la première vague, pas de camion frigorifique. Comme le révèle le Midi Libre, les autorités ont opté pour la réquisition de la patinoire de la ville.

Depuis plusieurs jours, l’établissement se prépare à recevoir des corps, des draps noirs ont ainsi été installés pour recouvrir les différentes entrées de la patinoire. Le centre hospitalier de la ville précise toutefois que la morgue n’est pas saturée, et qu’aucun corps n’est entreposé à la patinoire. Durant la première vague, la patinoire de la ville avait été maintenue en glace durant le confinement en cas de besoin. Aucun corps n’y avait été envoyé.

Grenoble envisage aussi de réquisitionner la patinoire

Une solution également envisagée à Grenoble, en Isère, explique le Dauphiné Libéré. Avec une quinzaine de décès par jour, selon le maire Eric Piolle, la morgue pourrait rapidement être débordée. 869 personnes sont actuellement hospitalisées pour Covid-19 en Isère, et 115 patients sont en réanimation, soit deux fois plus qu’au pic de la première vague.

Face à cette situation, la préfecture réfléchit à réquisitionner la patinoire de la ville. “Nous pourrions effectivement envisager ce type de réquisition. Mais ce n’est encore qu’une hypothèse à laquelle nous espérons ne pas avoir recours”, explique au Dauphiné Denis Bruel, directeur de cabinet du préfet.

La morgue du marché de Rungis

À Paris, lors de la première vague, c’est un entrepôt réfrigéré du marché de Rungis, en banlieue proche, qui avait été réquisitionnée par le préfet. Le bâtiment pouvait accueillir jusqu’à près de 20 000 cercueils, que l’on voit alignés sur cette photo que s’est procuré Mediapart.

Ouverte le 3 avril, la morgue improvisée du marché de Rungis a fermé deux mois plus tard, le 6 juin. "L’installation de ce site aura permis de renforcer ponctuellement durant la crise sanitaire liée au Covid-19 les capacités saturées de la chaîne funéraire régionale", expliquait alors la préfecture de police.

Les militaires mobilisés en Italie en mars

En Italie, durant la première vague, l’armée avait été mobilisée pour évacuer les cadavres des victimes du nouveau coronavirus à Bergame, ville située en plein cœur du principal foyer épidémique dans le pays et dont les services funéraires sont débordés. La scène, filmée par des habitants, a marqué les esprits.

A l’étranger, en Espagne, la solution de la patinoire comme morgue provisoire a déjà été choisie. C’était à Madrid, lors de la première vague. La patinoire olympique du Palacio de Hielo (Palais de la Glace) avait été aménagée en morgue, à proximité de la foire de Madrid dont les immenses halls d'exposition avaient été transformés en hôpital de campagne.

La patinoire réaménagée en morgue avait été fermée un mois plus tard. Conscientes du symbole, les autorités avaient organisé une cérémonie pour la fermeture de cette morgue improvisée.