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Covid-19: le nouveau variant JN.1 doit-il nous inquiéter avant les fêtes?

Plusieurs indicateurs laissent présager une reprise de l'épidémie pendant les fêtes, favorisée par l'émergence d'un nouveau variant. Les autorités sanitaires appellent à adopter les bons gestes pour protéger les plus fragiles.

Le Covid-19 de retour pour jouer les trouble-fêtes? À trois semaines de Noël, et alors que la saison froide favorise la propagation des virus de tout type, plusieurs voyants sont à l'orange.

Dans son bulletin d'information sur les infections respiratoires aiguës, publié ce mercredi 6 décembre, Santé Publique France (SPF) note une "poursuite de l'augmentation de la majorité des indicateurs".

Un test sur quatre positif

Dans les eaux usées, les prélèvements effectués dans les douze stations du pays révèlent "une forte augmentation (+24%) de la détection du SARS-CoV-2" la semaine du 27 novembre par rapport à la semaine précédente, témoin "d'une circulation active du virus dans l'Hexagone"

En ville, Santé Publique France note que 6,4% des actes de SOS Médecins concernaient une suspicion de Covid-19 la semaine dernière, contre 4,7% la semaine précédente. Une hausse qui se confirme dans la plupart des classes d'âge, et en particulier chez les 65 ans.

À l'hôpital, le nombre de passages aux urgences pour suspicion de Covid-19 était également en augmentation mais ne représentait au total qu'1,2% des actes (+0,2 points).

Enfin, dans les laboratoires de biologie médicale, le taux de positivité des tests est de 27,1%. Un chiffre qui a bondi de 2,8 points par rapport à la semaine précédente.

Nouveau variant

Selon les spécialistes, un nouveau variant pourrait être responsable de cette (légère) recrudescence épidémique. Il s'agit de JN.1, un descendant du variant BA.2.86 et appartenant à la grande famille du variant Omicron.

"Ce lignage est en train de remplacer tous les autres, de façon lente mais durable. On a 50% des virus détectés en France qui sont de ce lignage-là", indique sur BFMTV Bruno Lina, professeur de virologie au CHU de Lyon.

Ce variant "ne présente pas de caractéristiques particulières" par rapport aux autres virus Omicron mais "c'est très probablement lui qui est responsable de l'augmentation des cas", poursuit Bruno Lina.

Pas de "grande vague" attendue

Si une hausse des cas est attendue, "on n'attend pas une grande vague, il n'y a pas de panique", rassure le docteur Jean-Pierre Thierry, consultant santé de BFMTV.

Toutefois, "il y a une attention à avoir sur la contribution de ce virus à l'augmentation du nombre de maladies qui va justifier des hospitalisations et provoquer le décès de personnes fragiles", souligne le médecin.

Le Covid-19 n'est en effet que l'une des nombreuses maladies respiratoires observées actuellement dans le pays. Le coronavirus arrive en seconde position des virus les plus détectés en France, derrière les rhinovirus (responsables des gros rhumes) et devant le VRS (le virus de la bronchiolite).

Concernant la grippe, Santé publique France a annoncé mercredi que la Bourgogne-France-Comté, le Centre-Val de Loire, le Grand-Est et la Guyane passaient en phase pré-épidémique.

Importance de la vaccination

Pour éviter que les cas de Covid ne viennent surcharger nos hôpitaux, les médecins rappellent l'importance de la vaccination, particulièrement pour les plus fragiles. Chez les 65 ans et plus, le taux de vaccination reste faible: moins d'un quart des Français de cette tranche d'âge sont à jour, selon Santé Publique France.

Le vaccin se révèle pourtant toujours aussi efficace, selon Bruno Lina. "Le vaccin a été modifié pour s'adapter au variant XBB 1.5, proche du JN.1. Les essais ont montré que le nouveau vaccin protège contre JN.1 et contre l'autre virus majoritaire, EG.5, qui est en décroissance", détaille le professeur.

"La vaccination protège de façon collective et individuelle en réduisant le risque d'infection et en atténuant les symptômes si l'on est infecté", rappelle-t-il.

Les gestes barrières, encore et toujours

Les autorités de santé martèlent également l'importance des gestes barrières, efficaces contre le Covid comme contre les autres virus et bactéries.

"Lorsqu'on est malade, on éviter d'aller vers les personnes fragiles et on met un masque chirurgical dans la mesure du possible. L'hygiène des mains est aussi toujours très utile", recommande Bruno Lina.

Les virus émis par les gouttelettes de salive pouvant rester en suspension dans l'air pendant plusieurs heures, l'aération est également un geste à adopter, même s'il fait froid dehors. "N'ouvrir la fenêtre ne serait-ce que cinq minutes suffit à renouveler fortement l'air intérieur", insiste Bruno Lina.

Article original publié sur BFMTV.com

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