Et si une créature marine était la clé du traitement contre le Covid-19 ?

Johanna Amselem
·2 min de lecture
Microscopic view of Novel Coronavirus (2019-nCoV), Flu or SARS virus.

Cette molécule a déjà été approuvée en tant que traitement pour une forme rare de cancer.

Aux États-Unis, une société pharmaceutique et un chercheur basé en Californie se sont intéressés à l’extrait rare d’une créature sous-marine. Si des études initiales ont montré son efficacité pour stopper les infections au Covid-19, d’autres essais cliniques devraient prochainement débuter.

C'est un peu fou quand on pense à l'origine de ce médicament”, a déclaré Nevan Krogan, co-auteur de l'étude publiée cette semaine et directeur du Quantitative Biosciences Institute de l'UC San Francisco. Cet extrait se trouve uniquement dans la mer Méditerranée, dans les eaux entourant l'île d'Ibiza, au large des côtes espagnoles. Plus connu sous le nom d'Aplidin ou Plitidepsin, il a été découvert il y a plusieurs années par la société pharmaceutique espagnole PharmaMar, spécialisée dans l'exploration des ressources marines pour des thérapies potentielles. Avant l'émergence du Covid-19, ce médicament a été approuvé en tant que traitement pour une forme rare de cancer.

Mais, pour l’avenir, il pourrait également aider à combattre le Covid-19 puisque des études ont montré une efficacité dans la prévention de la réplication du coronavirus. “Dans les cellules humaines, il était environ 30 fois plus puissant que le remdesivir, qui est actuellement la norme de traitement”, a déclaré le Dr Krogran. Avant de détailler : “Le virus ne peut pas vivre par lui-même. Il a besoin de nos gènes et de nos protéines pour vivre, se répliquer et nous infecter”, a expliqué le Dr Krogran.

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Neutraliser une protéine

Au cours de leurs études, les scientifiques ont trouvé des raisons de rechercher une protéine en particulier, eEF1A. “Le virus la détourne pour fabriquer ses propres protéines”, notent les auteurs. Les résultats de cette étude ont été publiés dans le journal Science. L'étape suivante a consisté à enquêter sur les médicaments existants qui neutralisent cette protéine, et c'est ainsi que l'équipe a découvert Aplidin, approuvée en 2018 pour traiter le myélome multiple. L'équipe a ensuite contacté le laboratoire PharmaMar et la collaboration s'est élargie.

Aplidin cible une protéine dans les cellules humaines ce qui permettrait donc de réduire la possibilité pour le virus de développer une résistance. “Peu importe si le virus mute, car il ne pourra jamais se déplacer en se basant sur cette protéine humaine”, a déclaré le Dr Krogran. Une question demeure sur la toxicité possible du traitement. Bonne nouvelle, l'aplidine s'est avérée sûre dans les essais pour l'utilisation du cancer. Le Dr Krogran rapporte que la posologie pour le traitement du cancer est plus élevée que celle qui serait utilisée pour le traitement du Covid-19.

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