Covid-19, corruption, racisme... Les temps forts du dernier débat Trump-Biden

Hugo Septier
·5 min de lecture

Au bout de plus d'une heure et demie de débat, les deux hommes ont campé sur leurs positions, n'hésitant pas à violemment s'accuser.

Dans un ultime débat bien plus apaisé et policé que le précédent, Joe Biden et Donald Trump ont une nouvelle fois pu s'affronter durant plus d'une heure et demie, à moins de deux semaines de l'élection présidentielle américaine.

Covid-19 : des critiques et un vaccin ?

En ce qui concerne l'actualité sanitaire actuelle et l'épidémie de Covid-19, Joe Biden a tancé la gestion de la crise par l'administration Trump, qui selon lui disqualifie son adversaire pour rester au pouvoir.

"Quelqu'un qui est responsable d'autant de morts ne devrait pas pouvoir rester président des États-Unis d'Amérique", a déclaré le candidat démocrate, accusant le président américain de ne "toujours pas avoir de plan" pour gérer l'épidémie qui a fait plus de 220.000 morts outre-Atlantique, pays de loin le plus endeuillé à l'échelle mondiale.

De son côté, Donald Trump a assuré qu'un vaccin serait disponible "dans les semaines à venir", évoquant 100 millions de flacons.

"J’ai été à l’hôpital, j’ai eu le Covid, mon état de santé s’est amélioré. J’ai reçu une thérapie, mon état de santé s’est rapidement amélioré et maintenant, je suis immunisé, on ne sait pas pour combien de temps", a-t-il ajouté.

Accusations mutuelles de corruption

Comme attendu le débat entre les deux hommes s'est très vite penché sur les possibles ingérences de la Russie, la Chine, et l'Iran dans l'élection présidentielle américaine.

"Ils paieront le prix si je suis élu, ils interfèrent avec la souveraineté américaine", a assuré Joe Biden.

Pour autant, Donald Trump en a profité pour tancer son adversaire, lui qui dénonce depuis plusieurs semaines les affaires de Hunter Biden en Ukraine et en Chine, au moment où son père, Joe, était vice-président de Barack Obama entre 2009 et 2017.

"Jamais de ma vie je n'ai pris un centime d'une source étrangère", a expliqué Biden, sommé par Trump de s'expliquer à ce sujet. "Qu’est-ce que vous cachez, La Russie et la Chine vous paie?", a ensuite lancé le Démocrate, dans une tentative de renverser la tendance.

"C'est criminel"

Au sujet de l'immigration, Joe Biden a accusé Donald Trump d'avoir mené une politique "criminelle" vis-à-vis des enfants migrants.

Selon une association américaine de défense des droits humains, les parents de quelque 545 enfants de migrants qui avaient été séparés aux Etats-Unis après avoir illégalement traversé la frontière, n'ont pas pu être localisés.

"Ces enfants sont seuls, n'ont nulle part où aller (...) c'est criminel", a fustigé l'ancien vice-président lors de son dernier débat télévisé contre le président républicain, à 12 jours du scrutin.

En guise de réponse, Donald Trump a assuré que ces faits se déroulaient déjà sous la présidence de Barack Obama.

"Il a eu 8 ans pour faire ce qu’il a dit. Nous on a changé ça, on a changé les choses horribles mises en place, il n’a rien fait à part construire des cages pour enfermer les enfants", a-t-il contre-attaqué.

Toutefois, Joe Biden a ajouté qu'en cas d'élection, il proposerait "avant 100 jours un programme au Congrès pour que les millions de clandestins puissent devenir citoyens."

Corée du Nord, Kim Jong Un et Hitler

Les deux hommes se sont également écharpés sur la question internationale. Joe Biden a ainsi fustigé la relation de proximité développée par Donald Trump avec le leader nord-coréen Kim Jong Un, comparant même cette stratégie diplomatique à un rapprochement avec le dictateur Adolf Hitler.

Le président républicain était interrogé, lors de son dernier débat contre Joe Biden avant le scrutin présidentiel, sur ses trois rencontres avec Kim Jong Un durant son mandat. Il s'est vanté d'avoir éloigné la menace d'une "guerre nucléaire", relevant que le leader du régime reclus n'avait "pas voulu" rencontrer Barack Obama ou Joe Biden lorsqu'ils étaient au pouvoir.

De son côté, l'ancien vice-président démocrate a accusé le président sortant de normaliser la dictature nord-coréenne.

"Qu'est-ce qu'il a fait? Il a légitimé la Corée du Nord", a répliqué son adversaire. "Il en a parlé comme de son bon ami, qui est un voyou", a-t-il ajouté.

Trump "le moins raciste du monde"

Finalement, Joe Biden et Donald Trump ont également évoqué les problèmes sociaux et les tensions raciales aux États-Unis.

Là, Donald Trump a assuré "être la personne la moins raciste du monde", ce à quoi son adversaire a immédiatement répondu : "C'est l'homme le plus raciste du monde, il a avivé les tensions, il a traité les Mexicains de violeurs, il a calomnié les musulmans, les Iraniens, il a calomnié tout le monde".

Pour le candidat démocrate, un "racisme institutionnel" existe dans le pays.

"Quand vous êtes noir, vous êtes une victime que vous soyez riche ou pauvre, car vous êtes préjugé. Il y a un racisme institutionnel aux États-Unis, c’est une réalité. Nous devrions être à la hauteur de nos principes. On veut se rapprocher du principe d’inclusion", a-t-il ajouté.

Les échanges, bien que vifs, étaient nettement plus audibles que la fois précédente, lorsque le démocrate de 77 ans avait traité le 45e président des États-Unis, 74 ans, de "menteur", de "raciste" puis de "clown".

"Il n'y a rien d'intelligent en vous", avait rétorqué l'ex-homme d'affaires.

Article original publié sur BFMTV.com

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