Covid-19 en Chine : pourquoi des pays examinent les eaux usées des avions qui en viennent

Airplane, toilet, plane, Toilette. (Photo by: Joko/Bildagentur-online/Universal Images Group via Getty Images)
Bildagentur-online / Bildagentur-online/Universal Ima Airplane, toilet, plane, Toilette. (Photo by: Joko/Bildagentur-online/Universal Images Group via Getty Images)

COVID - Face à l’explosion du Covid-19 en Chine, certains pays commencent à tester les eaux usées des avions en provenance du géant asiatique. La mesure n’empêchera pas la propagation du virus, mais elle permet notamment d’identifier d’éventuels nouveaux variants.

Plusieurs pays ont déjà décidé de tester les eaux usées des avions en provenance de Chine : l’Australie, la Belgique, le Canada… Les États-Unis envisagent de le faire, selon des médias américains. L’Union européenne va probablement le recommander à l’ensemble de ses États membres, après un avis positif d’experts sanitaires cette semaine. Elle a déjà recommandé à ses membres d’imposer un test négatif au départ de Chine, ce mercredi 4 janvier.

Détecter la présence de coronavirus

Il s’agit d’examiner l’urine et les excréments mélangés de tous les passagers qui sont allés aux toilettes au cours d’un vol venu de Chine. Le but est d’y détecter la présence ou non du coronavirus, afin de donner une idée de son degré de circulation et des variants concernés.

Pour ce faire, directement à l’atterrissage des avions, les autorités locales recueillent des échantillons de leurs eaux usées. Elles sont ensuite envoyées dans des laboratoires où elles font l’objet d’examens approfondis à la recherche du virus. Une fois celui-ci repéré, on « séquence » son génome pour le rattacher à un variant connu ou non.

Une autre possibilité consiste à recueillir les eaux usées rejetées par l’ensemble d’un aéroport. Mais cela ne permet pas de mesurer les risques liés à une origine donnée.

Avoir une « fenêtre sur ce qui se passe actuellement en Chine »

L’examen des eaux usées permet aux États d’agir au moment où les cas de Covid explosent en Chine après la levée de restrictions drastiques maintenues pendant trois ans. Mais il ne s’agit en aucun cas d’espérer limiter la propagation du virus à travers les frontières, contrairement au fait d’imposer des tests négatifs aux voyageurs.

« En revanche, ces prélèvements représentent une fenêtre sur ce qui se passe actuellement en Chine », explique à l’AFP l’épidémiologiste Antoine Flahault, notamment dans un contexte de « doutes sur la transparence et la diligence de l’information sanitaire officielle du gouvernement chinois ».

Les informations sont de deux ordres. D’abord, les eaux usées donnent une idée du degré de circulation du virus : plus il est présent, plus l’épidémie apparaît élevée. « Savoir que 30 % à 50 % des passagers en provenance de Chine sont actuellement contaminés est une information utile en l’absence de chiffres fiables sur l’incidence du Covid-19 en Chine actuellement », souligne Antoine Flahault.

Ensuite, on peut détecter dans ces eaux usées la présence éventuelle de nouveaux variants, susceptibles de faire évoluer le visage de l’épidémie comme l’avait fait fin 2021 l’arrivée du très contagieux Omicron.

Moins contraignant que de tester individuellement

L’examen des eaux usées est bien moins contraignant pour les passagers et plus facile à mener d’un point de vue logistique que, par exemple, le fait de tester individuellement chaque personne. À ce propos, les États membres de l’UE sont « vivement encouragés » à imposer à tous les voyageurs venant de Chine de présenter avant leur départ un test Covid négatif datant de moins de 48 heures, selon un accord trouvé ce mercredi entre les Vingt-Sept.

C’est pour cela que la mesure à la faveur du secteur du transport aérien. Le lobby des aéroports européens, ACI Europe, a ainsi plaidé cette semaine pour se contenter d’examiner leurs eaux usées, au lieu d’imposer des tests aux passagers.

L’examen des eaux usées est un outil qui « marche remarquablement bien » mais il ne donne pas une « vision exhaustive » de la présence du virus à bord d’un avion ou des variants qui y circulent, prévient auprès de l’AFP le virologue Vincent Maréchal.

Et après, « qu’est-ce qu’on en fait ? »

Il y a en effet un biais évident : cette méthode ne témoigne de la présence du virus que chez les passagers qui sont allés aux toilettes. Mais, surtout, l’examen des eaux usées a beau être intéressant pour mieux connaître le degré de circulation du virus, il donne peu de prise pour mener des actions concrètes et rapides.

En cause, les délais nécessaires : il faut plusieurs jours pour mener à bien le recueil des eaux, leur transfert en laboratoire puis leur examen.

« Une fois qu’on a l’info, qu’est-ce qu’on en fait ? Est-ce qu’on rappelle tous les gens (qui étaient) dans l’avion ? », s’interroge Vincent Maréchal. « C’est intéressant mais déjà tardif pour les mesures qu’on peut prendre ».

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