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Coupe de France: "Le Aulas du Périgord", le rêve éveillé du président de Bergerac avant de défier l'OL

Un rêve éveillé. Pouvait-il espérer meilleur tirage, avant de rendre son tablier de dirigeant? Dans la dernière de ses dix-neuf années de présidence du Bergerac Périgord Football Club, Christophe Fauvel va voir ses hommes se frotter ce vendredi soir à l’équipe dont lui et son fils, Paul, ex-directeur général du BPFC, sont "fans depuis les années 2000". À quelques mois près, le destin lui aurait même assuré la présence à ses côtés de son idole, un certain Jean-Michel Aulas. Qu’à cela ne tienne. Christophe Fauvel a convié l’ancien président de l’Olympique lyonnais (1987-2023) à assister à ce 16e de finale Bergerac-Lyon.

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"Cher Jean-Michel […] Je cultive à mon modeste niveau des valeurs qui me semblent totalement partagées avec les vôtres. Sans pudeur, je peux vous avouer être un grand admirateur de votre personne, de votre parcours, de vos analyses, de vos très nombreuses réussites, écrit notamment Christophe Fauvel dans ce long message adressé à l’ancien patron de l’OL. Ce grand respect à votre égard est de notoriété publique car, pour vous faire sourire, la presse locale me surnomme souvent '’le Aulas du Périgord’'" de par ses mandats de président de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de la Dordogne et du Medef Périgord.

Baptisé le "Aulas du Périgord"

"Cher Jean-Michel […] Je cultive à mon modeste niveau des valeurs qui me semblent totalement partagées avec les vôtres. Sans pudeur, je peux vous avouer être un grand admirateur de votre personne, de votre parcours, de vos analyses, de vos très nombreuses réussites, écrit notamment Christophe Fauvel dans ce long message adressé à l’ancien patron de l’OL. Ce grand respect à votre égard est de notoriété publique car, pour vous faire sourire, la presse locale me surnomme souvent 'le Aulas du Périgord’'."

"C’est le surnom qui lui a été donné parce que c’est vrai qu’il ne s’en est jamais caché, de cette admiration", rebondit Benoît Fourrel de Frettes, chargé de la communication du club périgourdin et ami de longue date du président Fauvel. Les deux hommes travaillent ensemble depuis plus de trente ans. "Il y a bien des similitudes entre Jean-Michel Aulas et Christophe, comme la ligne de conduite. Quand ils ont décidé de réaliser quelque chose, ils s’y collent, ils ne doutent jamais, ils font en sorte d’atteindre cet objectif et de très vite réunir les forces permettant de l’atteindre. A leurs côtés, on sait vraiment où l’on va."

"Si Aulas m’inspire et si j’ai cherché à 'copier' le personnage? Complètement!", revendique l’emblématique patron du Bergerac Périgord Football Club, qui liste "la vision des choses", le "côté entrepreneuriat", sans oublier cette propension à se montrer (hyper)actif sur les réseaux sociaux. Et un investissement sans faille pour leur maillot. "Ce sont tous les deux des amoureux du football, qui font tout pour leur club, qui donneraient tout. C’est beau", rend hommage Romain Escarpit, meilleur buteur de Bergerac cette saison et ancien de la maison rhodanienne, sous l’ère Aulas (lire ci-dessous).

L’autobiographie d’Aulas lue juste avant le tirage

Le défenseur Sam Ducros, fidèle au BPGF depuis huit saisons, n’en connaît que mieux l’adoration que porte son dirigeant au personnage Aulas: "C’était magnifique pour Christophe, de tirer l’Olympique Lyonnais. Je savais qu’il l’admirait. Une longévité comme la sienne, avec beaucoup de réussite, c’est rare et ça peut rappeler dans le monde professionnel ce qu’a fait Jean-Michel Aulas." Christophe Fauvel voit d’ailleurs un "clin d’œil de l’histoire" dans le fait d’avoir "terminé son livre" ("Chaque jour se réinventer", NDLR) juste avant le tirage des seizièmes de finale. "Tout ce qu’il a construit, tout ce qu’il est aujourd’hui, tout ce qu’il a été, je l’ai vraiment extrêmement bien en tête. Et voilà, ça m’a fait sourire de voir l’OL au tirage, ça m’a réveillé quelques très bons souvenirs."

Reste désormais – pour aller au bout du rêve – à lui conter tout cela de vive voix, vendredi soir, si l’ex-patron de l’OL satisfait à l’invitation. "Ce serait l’apothéose si l’on voit Christophe en tribunes à côte de Jean-Michel Aulas, se projette Benoît Fourrel De Frettes. Ce serait le point final d’une grande aventure qui dure depuis plus de dix-neuf ans et dans laquelle il aura vraiment donné de sa personne et imprimé une marque indélébile dans ce club. Et puis terminer son mandat avec un match référence contre l’Olympique Lyonnais, quel clin d’œil sympathique de l’histoire ce serait !"

"J’aimerai lui rendre ce beau cadeau", clame l’entraîneur du BPFC Yassine Azahaf, soucieux de mener le pensionnaire de Nationale 2 vers un nouvel exploit, comme lors de l’édition 2021-2022 où Bergerac avait sorti Metz et Saint-Etienne, alors en Ligue 1. "Monsieur Fauvel a connu beaucoup d’épopées en Coupe de France en tant que président. Quand tu signes au club, tu vois les murs habillés de panneaux de 32e, 16e, 1/4, etc. Je sais qu’il a beaucoup d’admiration pour Monsieur Aulas. À nous d’être à la hauteur de ce grand rendez-vous."

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Bergerac a bien d’autres liens avec l’OL

Plus de 450 kilomètres ont beau séparer les deux clubs, dont ce 16e de finale constitue la toute première confrontation, l’avant-match s’avère fort riche en petites histoires et anecdotes. Avec, en premier lieu, des retrouvailles. Celles entre l’OL et deux anciens pensionnaires de son centre de formation: César Neto et Romain Escarpit. "Repéré par Lyon à 17 ans", le second nommé, actuel avant-centre du BPFC, a porté le maillot des U19 lyonnais pendant la saison 2015-2016. Si l’aventure n’a duré que quelques mois, - "plusieurs concours de circonstances ont fait que je n’ai pas pu bien m’exploiter là-bas" - le natif des Landes, 25 ans, évoque "une belle expérience. J’ai mûri, j’ai appris, c’est ça que je retiens le plus. J’aurai pu faire mieux, c’est sûr, mais pas de regret. Si je marque vendredi soir, je serai comme un fou."

"Romain va encore plus passer un bon moment que nous. Et il y a un petit sentiment de revanche quand même, au fond de son cœur", sait son compère de l’attaque Axel Tressens, lui-même fervent supporteur de Lyon. "Bon, depuis le tirage, j’ai arrêté (rires)! Quand j’étais petit, l’OL gagnait tout. La nuit, je rêvais de Benzema, Lisandro Lopez, Grégory Coupet… Je marquais 'Lyon' partout."

Hasard du tirage, une poignée de semaines après avoir été propulsé entraîneur de l’Olympique Lyonnais, Pierre Sage va par ailleurs croiser deux connaissances au Stade Beaublanc de Limoges. Son homologue adverse, déjà: Yassine Azahaf, rencontré il y a deux ans lors d’une conférence sur le jeu de position. "J’ai eu Pierre Sage par téléphone après le tirage, raconte le coach de Nationale 2. Je lui ai dit: 'Finalement, le foot est un petit village!'. On se retrouve pour un 16e de finale de Coupe de France. Il se souvient de notre échange." En parlant d’échange, Pierre Sage est en contact régulier avec l’entraîneur de la réserve de Bergerac, Christophe Hugot. Et pour cause. Son tuteur en formation n’est autre que… L’entraîneur de l’OL !

Article original publié sur RMC Sport