Coup de force. Au Zimbabwe, un amendement constitutionnel confère “un pouvoir illimité” au président

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À un an et demi de l’élection présidentielle, les membres du Parlement ont adopté un amendement constitutionnel qui permettra au chef de l’État Emmerson Mnangagwa, ancien bras droit du dictateur Robert Mugabe, de concentrer encore plus de pouvoir. Une manœuvre qui en dit long sur les intentions du régime, estime la presse zimbabwéenne.

Le destin du pays a basculé à huis clos et en quelques heures au Zimbabwe. C’est “un triste jour pour la démocratie”, clame le site zimbabwéen News Day. Le 4 mai, un amendement de la Constitution a été adopté par 65 voix contre 10 au Parlement. Faisant partie d’une série de 27 modifications, cet amendement “donne un pouvoir judiciaire et exécutif illimité” à Emmerson Mnangagwa, le chef de l’État, estime le site d’information.

Le président, au pouvoir depuis 2017, en sort largement gagnant. L’amendement lui confère la possibilité de nommer lui-même les principaux magistrats du pays sans aucune consultation préalable. Il pourra aussi nommer directement le vice-président.

L’âge d’éligibilité porté à 52 ans

En réponse, le hashtag #ResistDictatosrhip a été relayé massivement sur la Toile zimbabwéenne. “Le temps est venu de résister à la dictature”, abonde l’opposant Jacob Ngarivhume. L’homme, coutumier de la violence dont peut faire preuve le régime, mesure bien le risque de dérive de cet amendement constitutionnel. Il avait été emprisonné pendant trois mois pour “incitation à la violence” avant d’être libéré sous caution en septembre 2020.

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Et c’est une autre figure de l’opposition, Nelson Chamisa, qui risque de faire les frais de cette manœuvre constitutionnelle. Le régime envisage en effet de couronner cette série d’amendements par une autre mesure lourde de sens : la

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