Coup d’arrêt. Explosions au port de Beyrouth : l’enquête repart de zéro

Al-Joumhouria (Beyrouth)
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Le 18 février, Fadi Sawan, le juge d’instruction chargé des investigations sur les explosions meurtrières du 4 août 2020, qui ont provoqué un gigantesque incendie dans le port de Beyrouth et ravagé la capitale du Liban, a été dessaisi. Une décision qui porte un sérieux coup à l’enquête. Les proches des victimes crient leur colère.

“Enquête du port : retour à la case départ”, titre le quotidien libanais Al-Joumhouria. Jeudi 18 février, la Cour de cassation libanaise a récusé Fadi Sawan, le juge d’instruction chargé de l’enquête sur les explosions au port de Beyrouth qui ont fait plus de 200 morts et 6 500 blessés le 4 août 2020. Cette “décision surprise” porte un coup d’arrêt aux investigations sur la tragédie, alors que les familles des victimes et, plus largement, l’opinion publique libanaise attendent des réponses.

Pour rappel, la gigantesque déflagration qui a ravagé des quartiers entiers de la capitale libanaise avait été provoquée par l’incendie d’une énorme quantité de nitrate d’ammonium stockée sans précaution depuis plusieurs années dans un entrepôt du port.

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Échapper à toute responsabilité

Les raisons du dessaisissement du juge Fadi Sawan font grincer des dents. La Cour de cassation a répondu favorablement à une demande de récusation déposée en décembre 2020 par deux anciens ministres inculpés pour négligence dans cette affaire.

L’ex-ministre des Finances, Ali Hassan Khalil, et l’ancien ministre des Travaux publics et des Transports, Ghazi Zeaïter, tous deux députés, remettaient non seulement en cause l’objectivité du juge Sawan, dont le domicile a été touché par l’explosion, mais arguaient aussi du fait que leur inculpation violait leur immunité de ministre et de parlementaire.

Nombreux ont vu dans la récusation du juge un nouvel exemple de l’ingérence dans les affaires judiciaires de la classe politique honnie qui cherche à échapper à toute responsabilité.

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