Coronavirus : pourquoi le confinement est-il un allié d'une vaccination de masse ?

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Campagne de vaccination massive en Israël, en plein pic épidémique.
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En Israël, un rapport souligne que la campagne de vaccination massive en plein pic épidémique risque de faire émerger de nouveaux variants, plus résistants au vaccin.

Le confinement est-il le meilleur allié d’une campagne de vaccination réussie ? C’est ce que semble suggérer un rapport de l’armée israélienne, qui souligne les risques de la stratégie adoptée dans le pays.

Il souligne que la vaccination de masse pourrait “entraîner une ‘pression évolutive’ sur le virus et générer des mutations”, selon un rapport du Centre national d’information et de connaissances sur le coronavirus, partagé par plusieurs médias dont i24 news, le 23 janvier dernier.

En Israël, la campagne de vaccination massive a débuté le 20 décembre. Au 27 janvier, selon les chiffres officiels, 30% de la population (2,7 millions de personnes) a déjà reçu une première dose de vaccin et 15% (1,3 million de personnes) les deux doses du vaccin.

“Israël joue avec le feu”

Une campagne menée en plein pic épidémique. Au premier jour de la campagne, on recensait 2 512 cas quotidiens dans le pays, et jusqu’à 8 624 cas le 17 janvier. Entre temps, les autorités ont décidé d’un nouveau confinement, le 27 décembre, et fermé les liaisons aériennes avec l’étranger durant au moins 6 jours.

“Israël joue avec le feu avec la stratégie vaccinale qu’ils mènent actuellement”, nous explique Eric Billy. Comme l’explique le chercheur en immuno-oncologie, “l’idéal c’est de faire une campagne de vaccination massive quand le virus circule très faiblement”.

La courbe des nouveaux cas de Covid-19 en Israël.
La courbe des nouveaux cas de Covid-19 en Israël.

“Plus un virus circule dans la population, plus on lui donne des occasions de muter, et plus il y a de chances qu’un variant soit présent”, nous rappelle Michaël Rochoy, chercheur en épidémiologie.

Le risque est de faire émerger un variant plus résistant au vaccin

“Quand on fait une campagne de vaccination de masse, si le virus circule beaucoup, il existe le risque d’une immunité incomplète, qui peut générer une pression de sélection sur le virus”, explique Eric Billy, également membre du collectif “Du coté de la Science”.

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Autrement dit, si le virus circule activement pendant une vaccination de masse, cela augmente le risque d’émergence d’un nouveau variant plus résistant au vaccin, qui se propagerait dans la population en remplaçant la souche de base, éliminée par l’effet du vaccin.

“Une circulation faible du virus réduit le risque d’émergence d’un variant”

“En Israël, pour éviter cela, il faut absolument miser sur un confinement et un maintien des gestes barrières pour limiter le risque qu’un nouveau variant ne se propage. Et cela jusqu’à ce que la circulation de l’épidémie redescende à un niveau faible”, prône Eric Billy.

À l’inverse, “plus la circulation du virus sera faible, plus on réduira la possibilité qu’un variant résistant se propage dans la population et prenne le dessus”, ajoute Michaël Rochoy.

“Confinement et vaccination sont complémentaires”

Le confinement “hybride” qui se profile en France pourrait donc être un allié dans le cadre d’une campagne de vaccination massive. “L’Allemagne, qui s’approche d’un taux d’incidence de 50 cas pour 100 000 habitants, entre dans une phase où une vaccination massive est réalisable en minimisant les risques de favoriser l’apparition d’un variant”, remarque Eric Billy.

“En France, où le taux d’incidence est élevé et progresse (211 cas pour 100 000 habitants le 28 janvier, ndlr), le risque est plus important. Il est préférable de faire redescendre le niveau de circulation du virus avant d’envisager une campagne de vaccination massive”, ajoute le chercheur en immuno-oncologie, qui rappelle que “confinement et vaccination sont complémentaires”.

La décision de prendre de nouvelles restrictions en France doit être prise dans les prochains jours par Emmanuel Macron. Un confinement de plusieurs semaines semble l’hypothèse privilégiée par les autorités. La vaccination devrait s’accélérer à partir du mois de mars notamment, avec l’arrivée du vaccin AstraZeneca.

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