Coronavirus : plusieurs milliers de morts "oubliés" en France ?

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Une étude menée par des chercheurs de l’université de Lille estime que près de 7 000 décès liés au Covid-19 n’ont pas été comptabilisés dans les bilans officiels.

Le nombre de morts du Covid-19 en France est-il sous-évalué ? Alors que la barre symbolique des 60 000 morts vient d’être atteinte à quelques jours de Noël, une étude de chercheurs de l’université de Lille, publiée dans la revue britannique Medical Research Methodology, pointe des manquements dans la comptabilisation des décès liés au Covid-19.

Ces décès “oubliés” sont ceux liés aux arrêts cardiaques survenus à domicile de malades du Covid-19, mais qui ne sont pas pris en compte dans les bilans officiels, qui ne retiennent que les décès à l’hôpital ou en EHPAD et maisons de retraite.

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12,4% des décès non comptabilisés

Selon les auteurs de l’étude, ces morts “oubliés” des chiffres officiels représentent 12,4% des décès liés au Covid-19, soit près de 7 000 morts supplémentaires survenus depuis le début de la pandémie. À l’origine de cette étude, il y a notamment le professeur Hervé Hubert, qui préside le Registre national des arrêts cardiaques.

Il explique à La Voix du Nord avoir constaté des données avec un “taux de mortalité effroyable de patients atteints du Covid (testés ou diagnostiqués comme tels) décédant d’un arrêt cardiaque à domicile”. Pour en arriver à ce constat, les chercheurs ont analysé les données du Registre national des arrêts cardiaques entre le 1er mars et le 15 avril, lors du pic de la première vague.

“Notre objectif n’est pas de dire qu’on nous cache ces décès”

“Aucun patient atteint du Covid ne sort vivant d’un arrêt cardiaque à 30 jours. Pour une population non diagnostiquée Covid, on est entre 5 et 6 % de patients qui survivent”, relève Hervé Hubert. Forts de cette observation, les auteurs de l’étude poursuivent leur enquête sur la deuxième vague, et font le même constat.

Avant d’alimenter les thèses complotistes, le professeur tient à prévenir : “Notre objectif n’est pas de dire que l’on nous cache sciemment ces décès pour faire baisser les statistiques, pas du tout. (...)Notre propos est avant tout d’améliorer les données statistiques tout en montrant que le virus fait plus de ravages qu’on ne le perçoit”, explique-t-il dans La Voix du Nord, alors qu’aucun pays ne prend en compte ce type de décès dans ses statistiques officielles.

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Le flou autour du nombre de morts à domicile

Le nombre de décès à domicile liés au Covid-19 reste encore très difficile à estimer. En août dernier, France Inter révélait que plus de 1 800 personnes sont mortes à domicile de la Covid-19, entre le 1er mars et le 31 mai, selon des chiffres de l’Inserm. La France comptait alors près de 29 000 morts du Covid-19, contre 60 000 aujourd’hui.

Deux autres estimations, de syndicats de médecins évaluaient “entre 8 000 et 10 000 décès à domicile” selon l'UNMS, quand le syndicat de médecins généralistes MG France estimait ce chiffre 9 000 décès, fin mai.

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