Coronavirus : une commande française de masques détournée vers les États-Unis

Les masques se faisant de plus en plus rares aux quatre coins de la planète, de nombreuses cargaisons auraient été détournées, notamment sur des tarmacs d'aéroports.

Renaud Muselier, président de la région Provences-Alpes Côte d’Azur, assure que la cargaison de masques commandée par la région a été détournée vers les États-Unis, sur le tarmac d’un aéroport chinois.

Les masques valent désormais de l’or. À l’heure où de très nombreux pays sont en manque de masques pour équiper leur personnel soignant et leur population, ceux-ci s’arrachent comme des petits pains. Le problème est que certains n’hésitent pas à pratiquer des méthodes agressives, quitte à dérober les cargaisons des autres.

Achetés “cash” par les Américains

C’est en tout cas ce qu’a révélé Renaud Muselier, président de la région PACA, au micro de RT mardi soir. Comme d’autres présidents de collectivités, il a passé une commande de plusieurs millions de masques à un fournisseur chinois pour alimenter les établissements de santé et les Ehpad de la région, mais la cargaison n’arrivera jamais à la destination prévue : “Ce matin sur le tarmac, en Chine, une commande française a été achetée par les Américains cash, et l’avion qui devait venir en France est parti directement aux États-Unis.” S’il n’a pas souhaité ajouter de commentaire sur l’affaire, il a déclaré qu’il faisait désormais le nécessaire pour que cela ne se reproduise plus : “Devant ces problèmes-là, je suis en train de sécuriser la marchandise de façon à ce qu’elle ne soit pas achetée par d’autres sur le tarmac.”

“Ils payent le double et comptant”

Les entourages d’autres présidents de région ont confirmé à Libération qu’ils avaient également été victimes de ce procédé. L’une de ces personnes, voulant rester sous couvert d’anonymat, confirme au quotidien que les Américains sont prêts à tout pour obtenir le précieux sésame : “Les masques deviennent des denrées rares, et les Américains les achètent partout où ils en trouvent, peu importe le prix. Ils payent le double et comptant, avant même d’avoir vu la marchandise. Nous, on ne peut pas se le permettre, on n’avance rien et on paye à la réception.”

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