Coronavirus au Brésil: Bolsonaro accusé d'avoir manipulé les chiffres de la mortalité liée au virus

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La société brésilienne semble de plus en plus sclérosée. Depuis l'élection fin 2018 du nouveau président d'extrême-droite Jair Bolsonaro, de nombreuses manifestations ont lieu dans les principales villes du pays, signe du mécontentement d'une partie de la population quant à la politique menée par ce militaire de profession. 

Et l'actuelle épidémie du coronavirus, qui touche de plein fouet le pays et l'ensemble de l'Amérique latine, n'arrange pas la situation. Ce week-end, des milliers de personnes étaient réunies dans les rues de São Paulo et Brasilia alors que le pays a dépassé la barre des 670.000 cas et des 35.900 morts, un total que certains estiment sous-évalué, et qui fait passer le Brésil, en terme de mortalité, à la troisième place mondiale selon l'université Johns Hopkins

Dispositif "adapté" 

Comme le souligne le média britannique The Guardian, un élément récent a en particulier cristallisé la défiance vis-à-vis du président. Ces derniers jours, ce dernier a violemment été critiqué par des responsables sanitaires locaux, qui ont reproché la disparition d'un site internet du ministère de la Santé qui comptabilisait, de manière quotidienne, le nombre de morts liés à la maladie.

En effet mis hors-ligne pendant quelques heures, ce dernier est toutefois réapparu, mais sous une forme caviardée. S'il est encore possible de voir le nombre de morts pour la dernière journée, le nombre cumulé des décès n'est, quant à lui, plus disponible.

Du côté de la présidence, on se défend en assurant que le dispositif a en réalité été "adapté" et qu'auparavant, les données ne "dépeignaient pas le moment où le pays se trouvait."

"L'État est plus nuisible que le virus"

Cette ligne de défense n'a que très moyennement convaincu. Limogé il y a quelques semaines pour s'être opposé à la politique mise en place durant la pandémie, Luiz Henrique Mandetta, ancien ministre de la Santé, a vivement réagi via un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

"C'est une tragédie. [...] Ne pas informer signifie que l'État est plus nuisible que le virus", assure-t-il. 

Il n'est d'ailleurs pas le seul à s'en être pris à Bolsonaro. Médecins, associations ou encore gouverneurs d'États ont fustigé une censure et un contrôle de l'information. Ce samedi, des procureurs régionaux ont d'ailleurs annoncé l'ouverture d'une enquête, et ont donné 72 heures au ministère de la Santé afin d'expliquer leur nouvelle politique.

Comme le souligne encore The Guardian, les opposants s'appuient sur la Constitution brésilienne, qui compte plusieurs articles concernant la liberté du droit de l'information, afin de lancer ces investigations. 

Toujours sur Twitter, Gilmar Mendes, un juge de la Cour suprême, a également eu la dent dure contre Jair Bolsonaro.

"La manipulation des statistiques est une manœuvre des régimes totalitaires", a-t-il conclu. 


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Article original publié sur BFMTV.com