Covid-19 : les asymptomatiques quatre fois moins contagieux que les malades ayant des symptômes

·3 min de lecture
Photo d'illustration

Une étude menée à Singapour montre que les malades du Covid-19 qui ne présentent pas de symptômes seraient quatre fois moins contagieux que les malades ayant des symptômes.

C’est l’une des questions restée sans réponse depuis le début de la pandémie. Les malades n’ayant pas de symptômes du Covid-19 sont-ils contagieux ? Le sont-ils autant que les malades ayant des symptômes classiques, fièvre, toux, fatigue ?

Une étude menée à Singapour apporte des réponses sur la contagiosité des asymptomatiques. Publiée dans la revue scientifique The Lancet, elle pointe du doigt une forte différence de contagiosité entre les malades sans symptômes et ceux qui en présentent.

VIDÉO >> Covid-19 : comment les délais des résultats de tests ont favorisé la circulation du virus

Quatre fois moins contagieux

Les scientifiques estiment qu’un malade sans symptôme est environ quatre fois (3,85) moins contagieux qu’un malade symptomatique. Pour arriver à cette conclusion, les auteurs de l’étude se sont basés sur la stratégie de dépistage du Covid à Singapour, où le traçage des cas contacts est importants. Dans le pays, des tests fréquents sont menés auprès des travailleurs de certains secteurs. Si le test est positif, les cas contacts du malade sont également testés et mis en quarantaine s’ils sont positifs. Un isolement contraint qui ne prend fin que lorsque le test PCR est négatif.

Pour mener à bien leur étude, les chercheurs se sont donc intéressés aux cas contacts ayant terminé leur quarantaine entre le 1er août et le 11 octobre. Ils ont distingué les cas contacts de personnes symptomatiques des cas contacts de personnes asymptomatiques. Sur ces cas positifs mis en quarantaine, 56% ont été mis à l’isolement car contacts d’un cas asymptomatique, tandis que 44% étaient un contact de cas symptomatique.

3,5% de chances d’être contaminé par un asymptomatique

Des conclusions qui confortent une précédente étude menée par l’Imperial College de Londres, et publiée fin novembre.

Cette étude révélait que les cas contacts d'un patient symptomatique avaient 12,8% de chances d'être contaminés, contre 3,5% pour les contacts d'un patient asymptomatique, et 9% pour les patients pré-symptomatiques, c’est-à-dire un malade du Covid-19 dont les symptômes ne sont pas encore apparus.

Des données qui pourraient être particulièrement importantes si elles étaient confirmées, en vue de la campagne de vaccination. Si l’on ignore pour l’instant l’efficacité du vaccin de Pfizer sur la transmission du virus, celui-ci est efficace à 95% “pour prévenir les formes symptomatiques légères à modérées de COVID-19”.

A LIRE AUSSI >> Covid-19 : au bout de combien de temps le vaccin est-il efficace ?

Cette protection contre les formes symptomatiques légères à modérées atteint 52,4% dès la première injection. De quoi réduire significativement la circulation du virus, si les asyptomatiques sont moins contagieux que les malades présentant des symptômes.

La part de malades du Covid-19 ne présentant pas de symptômes reste encore très floue et varie fortement, selon les études. En juillet dernier, Santé Publique France estimait qu’environ 24,3% des personnes infectées par la Covid-19 n’avaient jamais développé de symptômes. A l’inverse, une étude de l'University College de Londres (UCL) et publiée dans le journal spécialisé Clinical Epidemiology estimait que 86% des résidents du Royaume-Uni testés positifs au Covid-19 ne présentaient pas de symptômes spécifiques.

Ce contenu peut également vous intéresser :