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En Corée du Sud, entrer vivant dans un cercueil est très à la mode

Les fausses funérailles pourraient permettre de lutter contre la dépression et le taux de suicide très élevé du pays.

L'expérience peut durer une demi-heure et des trous permettent à la personne de bien respirer dans le cercueil (image d'illustration : Getty images)
L'expérience peut durer une demi-heure et des trous permettent à la personne de bien respirer dans le cercueil (image d'illustration : Getty images)

En Corée du Sud, depuis le début des années 2000, les fausses funérailles connaissent un succès grandissant. Des organisations proposent ainsi des cérémonies complètes où la personne - bien vivante - est placée dans un cercueil, entourée de son portrait et de lettres d’adieux, prête à recevoir l’homélie et les hommages des proches.

Les cercueils, qui disposent de trous pour permettre à la personne de bien respirer, sont refermés pendant de longues minutes, jusqu'à une demi-heure, et des coups de marteaux donnés pour renforcer la sensation d’isolement.

42 suicides par jour en Corée du Sud

L'objectif : permettre aux citoyens d’avoir une expérience réaliste de la mort, pour mieux apprécier la vie ensuite. Une telle pratique pourrait permettre d'endiguer le taux de suicides en Corée du Sud, l'un des plus élevés de l’OCDE avec 42 actes par jour, soit deux fois plus qu’en France.

"Les participants peuvent réfléchir à leur vie et prendre conscience que la vie est belle", confiait Kim Hi Ho, dirigeant de l'Institut Happy Dying, au magazine Vice en 2016. Son entreprise organise 300 fausses funérailles par mois. Jung Joon, lui, facture 25 dollars la séance chez Coffin Academy, son entreprise de pompes funèbres située à Séoul. "Ensuite, vous vous sentez revigoré et vous êtes prêt à reprendre votre vie à zéro", a-t-il témoigné au Los Angeles Times.

"J’ai vraiment eu l’impression d’être morte"

Si certains des participants pleurent ouvertement, d’autres préfèrent que le couvercle du cercueil reste ouvert, d’autres encore renoncent. Mais la plupart témoignent du réalisme et de la force de l’expérience.

"J'ai vraiment eu l'impression d'être morte. Jusqu'ici, la mort me paraissait lointaine, mais à présent, je pense que je dois vivre une meilleure vie", explique Baek Kyung-ah, une participante, au Financial Times.

L’expérience, déjà vécue par des dizaines de milliers de Sud-Coréens, pourrait également faire baisser la dépression, dans ce pays où le marché du travail est extrêmement compétitif. Le nombre de patients sous antidépresseurs en Corée du Sud a augmenté de 32 % en cinq ans, un record selon l'Onisep.

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