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Corée du Nord: Les Etats-Unis ne doivent pas agir sans l'aval de Séoul

Le président américain Donald Trump ne doit "en aucun cas" décider d'une action militaire visant la Corée du Nord sans l'aval de Séoul, a dit mercredi Choo Mi-ae, la présidente du parti au pouvoir en Corée du Sud. /Photo prise le 7 novembre 2017/REUTERS/Jonathan Bachman

WASHINGTON (Reuters) - Le président américain Donald Trump ne doit "en aucun cas" décider d'une action militaire visant la Corée du Nord sans l'aval de Séoul, a dit mercredi la présidente du parti au pouvoir en Corée du Sud.

"Le président Trump souligne souvent que toutes les options sont envisageables. Nous voulons être sûrs que celle d'une nouvelle guerre n'est pas été mise sur la table. En aucun cas les Etats-Unis ne doivent recourir à une solution militaire sans l'aval de la Corée du Sud", a dit Choo Mi-ae mercredi dans le cadre d'un groupe de réflexion à Washington.

"Nous devons chercher une solution pacifique à cette crise en utilisant tous les moyens à notre disposition", a-t-elle ajouté.

Ces remarques de Choo Mi-ae, qui doit rencontrer à Washington des membres de l'administration américaine, soulignent les inquiétudes de la Corée du Sud quant aux éventuelles conséquences dévastatrices que pourraient engendrer des attaques américaines contre la Corée du Nord.

Lors de sa venue à Séoul la semaine passée dans le cadre de sa longue tournée en Asie, Donald Trump a prévenu être prêt à utiliser contre la Corée du Nord l'éventail complet des forces armées américaines afin de prévenir toute attaque.

Le chef de la Maison blanche a cependant aussi incité le régime de Pyongyang à "négocier un accord".

Le président des Etats-Unis, qui avait auparavant qualifié de perte de temps les négociations avec la Corée du Nord, n'a toutefois pas clairement ouvert la voie aux pourparlers et a envoyé des signaux contradictoires à propos de sa volonté de négocier.

A son retour d'Asie, Donald Trump a dit que le président chinois Xi Jinping et lui-même avaient rejeté un accord de "gel mutuel" des actions.

La Chine et la Russie avaient auparavant milité pour cette solution de gel mutuel avec l'arrêt des exercices militaires des Etats-Unis et de la Corée du Sud en échange de l'arrêt du programme d'armement de la Corée du Nord.

Le régime de Pyongyang a montré un intérêt très limité pour les négociations, du moins pas avant d'avoir développé un missile nucléaire capable de frapper le territoire américain.

Alors que le président sud-coréen Moon Jae-in a prôné le dialogue avec la Corée du Nord, Choo Mi-ae a affirmé que Séoul soutenait la politique de Donald Trump consistant à accentuer la pression sur la Corée du Nord à travers des sanctions.

Selon elle, il est inutile d'organiser des discussions juste pour le principe.

La présidente du parti au pouvoir en Corée du Sud a toutefois noté qu'entraver toute possibilité de dialogue pourrait conduire la Corée du Nord à faire des "erreurs de calcul".

(David Brunnstrom, Matt Spetalnick et Arshad Mohammed; Jean Terzian pour le service français)